Les funérailles de Thatcher prévues le 17 avril

La cérémonie de funérailles de l'ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher aura lieu le mercredi 17 avril à la cathédrale Saint Paul à Londres, en présence de la reine. Le Royaume-Uni se préparait mardi à rendre un dernier hommage non dénué d'ambivalence à Margaret Thatcher, dont le décès a immédiatement rallumé la controverse sur son héritage et sur la nature des obsèques réservées la semaine prochaine à ce monstre sacré de la politique.

"Il a été décidé lors d'une réunion avec la famille Thatcher et le palais de Buckingham que la cérémonie de funérailles de Lady Thatcher aurait lieu mercredi 17 avril à la cathédrale St Paul", a indiqué Downing Street, tandis que le palais de Buckingham annonçait la présence de la reine Elizabeth et de son mari, le duc d'Edimbourg, à la cérémonie.

La dépouille de la "Dame de fer" a quitté discrètement dans la nuit l'hôtel Ritz à Londres où l'ex-Premier ministre britannique, très diminuée par la maladie d'Alzheimer séjournait depuis plusieurs mois et où elle est morte lundi matin des suites d'un accident vasculaire cérébral.

Des "obsèques cérémonielles"
Ses funérailles auront lieu mercredi prochain, mais la polémique bat déjà son plein sur la cérémonie d'hommage à la baronne Thatcher, son titre officiel. Trop ou trop peu? le gouvernement a décidé que la première femme à avoir gouverné le Royaume-Uni recevrait les honneurs militaires à la cathédrale Saint-Paul, après une procession entre Westminster et l'édifice religieux. Des "obsèques cérémonielles", selon la terminologie officielle, comme celles organisées pour la princesse Diana et pour la reine-mère Elizabeth.

Le Premier ministre conservateur, David Cameron, assistera à la cérémonie, aux côtés de nombre de personnalités politiques. La reine, qui entretenait, dit-on, des relations houleuses avec la locataire de Downing Street, y sera aussi, avec son époux le duc d'Edimbourg. Mais Margaret Thatcher n'aura pas de funérailles nationales, celles que la Grande-Bretagne réserve à ces monarques et à quelques grandes figures de la vie publique, souvent d'anciens Premiers ministres.

"Privatisation"
"Ce serait une insulte à l'histoire que de refuser cet honneur" à la "femme qui a sauvé la Grande-Bretagne", s'alarmait mardi l'éditorialiste du Daily Mail, qui a lancé une campagne. "Elle est arrivée au pouvoir quand ce pays était en ruines sur le plan économique et en a fait une puissance mondiale". Des députés conservateurs ont aussi pris fait et cause pour des obsèques nationales sur Twitter.

Mais sur la toile, des pétitions ont fleuri pour réclamer que les contribuables ne soient pas mis à contribution en recommandant la "privatisation" de l'enterrement de celle qui avait pourfendu l'Etat-providence. "Le meilleur moyen de rendre hommage à Maggie serait de délocaliser ses funérailles en Chine", ironisait un internaute.

Le Daily Mirror a aussi commencé à sonder ses lecteurs pour savoir s'il était bien normal d'accorder les mêmes funérailles qu'à Diana à la "femme qui a divisé la nation", estimant à 8 millions de livres le coût de la cérémonie, payée en partie par l'Etat et en partie par la famille.

"De l'argent gaspillé"
D'après son porte-parole Tim Bell, la "Dame de fer" ne souhaitait pas de toutes façons de funérailles nationales, "pas plus que sa famille". Elle ne voulait pas son corps soit exposé publiquement, ni de "parade aérienne" car cette libérale pure et dure pourfendant un Etat impécunieux "pensait que c'était de l'argent gaspillé". Le Parlement a, lui, décidé d'interrompre ses vacances de printemps pour saluer la mémoire de l'ex-Premier ministre.

Députés et membres de la Chambre des Lords se réuniront à partir de 14H30 locales mercredi. Ils devraient se prononcer sur une motion d'hommage présentée par le gouvernement, un tribut qui risque fort de donner lieu à de nouveaux échanges enflammés.