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Les "gilets jaunes" pourront manifester ce samedi au Champ-de-Mars

Une manifestation de "gilets jaunes" pourra se dérouler samedi au Champ-de-Mars à Paris, ce lieu offrant les "conditions de sécurité nécessaires", a indiqué le ministère de l'Intérieur jeudi dans un communiqué, tout en prévenant que "la réponse judiciaire sera intraitable en cas de troubles".

"Plusieurs demandes ont été déposées pour organiser cette manifestation au Champ-de-Mars. Ce lieu offrant les conditions de sécurité nécessaires, il pourra accueillir les manifestants", indiquent le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nunez, ajoutant qu'un "dispositif de sécurité" sera par ailleurs mis en place pour protéger les "lieux sensibles" de la capitale.

Mobilisés depuis samedi à travers la France contre la hausse des prix du carburant, les "gilets jaunes" prévoient l"acte 2" de leur mouvement avec un rassemblement samedi dans la capitale, dont les contours étaient jusque-là flous.

Plusieurs messages sur les réseaux sociaux appelaient à un défilé place de la Concorde mais cette option avait été rejetée par les autorités. "La liberté de manifester est un droit fondamental, et qu'il n'est donc évidemment pas question d'interdire la manifestation. Il est en revanche exclu qu'elle se déroule place de la Concorde, pour d'évidentes raisons de sécurité", rappellent les ministres dans leur communiqué.

"Un dispositif de sécurité sera mis en place pour protéger les lieux sensibles de la capitale, les routes, les gares et chemins de fer qui (...) mènent (au Champ-de-Mars), ainsi que les plateformes logistiques", précisent MM. Castaner et Nunez, rappelant "l'impérieuse nécessité d'organiser et d'encadrer" de tels rassemblements. "Cette exigence s'impose d'autant plus que nous nous trouvons toujours dans le contexte d'une menace terroriste forte", ajoutent les deux ministres.

Plusieurs sites de Total touchés par des grèves

Plusieurs sites de Total étaient affectés jeudi par un mouvement de grève à l'appel de la CGT et lié à des négociations salariales, qui dans certains cas s'est ajouté à des blocages de "gilets jaunes", ont indiqué des sources concordantes.

"Les expéditions de produits des raffineries de Normandie, Grandpuits et Donges sont bloquées en raison d'un mouvement social lié aux négociations annuelles obligatoires qui ont lieu aujourd'hui au niveau de la branche", a indiqué une porte-parole de Total. "Le dépôt de la bioraffinerie de La Mède est également concerné", a-t-elle ajouté.

Selon des sources syndicales, ce dépôt situé dans les Bouches-du-Rhône était paralysé jeudi par une grève à l'appel de la CGT, plusieurs salariés grévistes occupant le rond-point d'accès à la plateforme Total, déjà bloqué par des "gilets jaunes".

Selon Fabien Cros, élu CGT, la grève de 24 heures reconductible est suivie par 87% des salariés postés jeudi matin. "Des négociations salariales annuelles de branche se sont ouvertes aujourd'hui. C'est un jour de mobilisation sur tous les sites face aux menaces de suppressions d'emplois", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Aucun produit pétrolier n'entre ou ne sort du dépôt", a-t-il encore affirmé, précisant que quelque 150 grévistes CGT distribuaient des tracts sur le rond-point d'accès au site, où une cinquantaine de "gilets jaunes" ont installé depuis plusieurs jours un barrage filtrant.

Toutefois la CGT s'est défendue d'avoir rejoint les gilets jaunes, même si les revendications sur le pouvoir d'achat sont les mêmes. "On n'oppose pas les luttes, tout est bon contre Macron. Il y a un ras-le-bol total", a indiqué un gréviste CGT sur place, joint par téléphone. 

A la raffinerie de Feyzin (Rhône), Michel Lavastrou, délégué CGT, a fait état d'une "grève depuis mardi et jusqu'à 22 heures ce soir, essentiellement autour de négociations salariales en cours dans la branche". 

"Environ 65% du personnel posté (impliqué dans la production, ndlr) suit actuellement le mouvement. L'impact sur la production est limité puisque le mouvement n'a été lancé qu'il y a 48 heures", a-t-il précisé.

Une trentaine de gilets jaunes étaient encore postés jeudi matin sur un rond-point à proximité de la zone de livraison, et filtraient le passage des camions, selon des employés de la raffinerie.

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) entre les organisations syndicales et l'UFIP (Union française des industries pétrolières) ont débuté dans la matinée à Paris et doivent se poursuivre dans l'après-midi. Les syndicats réclament entre 2% et 2,5% de hausse de la grille des salaires. 

"Le patronat propose pour l'instant +1%, c'est notoirement insuffisant", estime Laurent Grizon, président de la CFE-CGC Pétrole, premier syndicat de la branche du pétrole devant la CFDT (2e) et la CGT (3e).

"C'est en négociation", a simplement indiqué un porte-parole de l'UFIP, sans donner de détail chiffré.