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Les larmes d'un socialiste après les aveux de Cahuzac

VideoParmi le flot de réactions sur l'affaire "Cahuzac", l'une d'elles se démarque par son caractère émouvant, démontrant que la politique n'est pas qu'une affaire d'ambition personnelle.

"C'est un jour de colère". C'est par ces mots que Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti Socialiste, a commenté mardi sur LCI face à Michel Field, les aveux de l'ancien ministre du budget, Jérôme Cahuzac.

À la limite de la rupture, la voix éreintée par une tristesse indignée, Filoche s'est déchaîné sur Jérôme Cahuzac, "un homme qui les yeux dans les yeux, me disait il faut baisser le coût du travail" et s'insurgeait contre l'estimation qui évalue la fraude fiscale en France entre 60 et 80 milliards, "alors qu'il était un fraudeur lui-même".

De qui se moque-t-on?
"On avait un ministre du budget qui était censé chasser la fraude fiscale et qui ne le faisait pas. Et maintenant, on va chercher quelques milliards dans les allocations familiales (...), dans les petites retraites. Mais de qui se moque-t-on?", s'indigne-t-il, en affirmant ne pas pouvoir tolérer un pareil mensonge. "Je suis socialiste, mais je ne peux pas tolérer ça. Je ne peux pas supporter qu'un ministre du budget de mon gouvernement que j'ai soutenu me mente là-dessus", ajoute-t-il, des trémolos dans la voix.

"Moi je peux le faire le budget; je peux vous dire comment j'embauche 2.000 inspecteurs des impôts (...), je peux vous dire qu'il y aura de l'honnêteté". Désespéré par ce qu'il estime être de la complicité, il (et par delà, l'ensemble des Français) se considère spolié. "C'est la misère dans le pays, il y a cinq millions de chômeurs; dix millions de pauvres, qui ont moins de 900 euros par mois, dont on ne parle pas. Et on est en train de mégoter pour un petit budget pour atteindre 0,5 % de déficit et on a un chef du budget qui fraude lui-même, qui ment, les yeux dans les yeux. Vous croyez que je peux supporter ça? Vous croyez que les politiques, les militants, les syndicats peuvent supporter ça?".

Cette intervention a suscité une vague de réactions sur Twitter. De nombreux messages de soutien sont parvenus à l'intéressé qui a lui-même poursuivi le débat sur son compte.