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Les manifestants toujours dans les rues de Hong Kong

Un mois après le début des manifestations de masse à Hong Kong, le mouvement prodémocratie se demande comment maintenir la dynamique. Mais ceux qui occupent toujours la rue disent que le visage de l'ancienne colonie britannique a déjà changé pour de bon.

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Le 28 septembre, la campagne de mobilisation pour réclamer l'instauration d'un véritable suffrage universel dans la région autonome sous tutelle chinoise s'est brutalement accélérée. Des manifestants munis seulement de parapluies pour se défendre ont affronté les tirs de gaz lacrymogène de la police, précipitant dans la rue des dizaines de milliers de protestataires. Un peu plus de quatre semaines après, le nombre de manifestants s'est considérablement réduit mais des irréductibles occupent toujours trois quartiers de Hong Kong.

Peu d'observateurs s'attendent à ce que Pékin bouge d'un pouce sur leurs revendications. Si la Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif local en 2017, elle entend garder la haute main sur le processus électoral et contrôler les candidatures.

Le gouvernement local a apparemment choisi de laisser le mouvement s'essoufler. Nombre des sept millions d'habitants de Hong Kong, qui vit sa plus grave crise depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, sont las de se battre contre des embouteillages monstres et des transports publics bondés. Des commerçants se plaignent de la chute vertigineuse de leur chiffre d'affaires dans cette ville où les loyers figurent parmi les plus chers du monde.

Battre en retraite n'est pas une option
Les dirigeants du mouvement, sous pression, s'interrogent sur les tactiques à adopter. Pour Joshua Wong, l'un des leaders estudiantins les plus en vue de la "révolution des parapluies", une seule certitude: battre en retraite n'est pas une option. "Les occupants vont tenir bon", dit-il à l'AFP à Admiralty, le principal site occupé par les manifestants près du siège du pouvoir local.

Les protestataires sont fiers de leurs villages de tentes, où les ordures sont triées méticuleusement, où les étudiants planchent sur leurs cours dans des endroits réservés pour cela et où des milliers de personnes se rassemblent le weekend pour applaudir des discours. Beaucoup de manifestants s'extasient devant l'art de rues qui a fleuri dans ce centre du capitalisme financier international généralement connu pour son sens des affaires.

Tout n'est cependant pas parfait dans la nouvelle Hong Kong, reconnaît un manifestant. Après 30 nuits passées à dormir sur ce qui était une autoroute urbaine à neuf voies, il est fatigué. Il a hâte de voir le gouvernement et les manifestants parvenir à un accord. "Ce n'est pas si marrant ici. Mais nous devons insister pour obtenir ce qui est juste".

Elargissement de la campagne de désobéissance civile?
Le gouvernement a tendu une branche d'olivier aux protestataires la semaine dernière, sans susciter beaucoup d'enthousiasme. Il a proposé de rendre à Pékin un rapport sur les événénements et de mettre en place une commission conjointe sur les réformes politiques après 2017. Des manifestants se plaignent du manque de stratégie des dirigeants du mouvement, qui semblent divisés sur la marche à suivre. Ils étaient invités à voter dimanche pour choisir entre la voie du compromis et celle de la confrontation mais le scrutin a été annulé à la dernière minute.

Certains évoquent un élargissement de la campagne de désobéissance civile, avec par exemple une grève des impôts ou des opérations escargot. Benny Tai, co-fondateur du mouvement prodémocratie Occupy Central, suggère d'organiser à l'échelle de Hong Kong un référendum sur les réformes démocratiques. Mardi, ils marqueront ce mois de manifestations par 87 secondes de silence (pour 87 salves de gaz lacrymogène tirées le 28 septembre) et un rassemblement.