Plein écran
© reuters

Les pilotes de Ryanair menacent de faire grève

Le ton monte à nouveau entre la direction de Ryanair et ses employés. Les pilotes ont transmis une liste de revendications à la compagnie aérienne. Parmi celles-ci, ils demandent notamment un salaire de base valable pour tous les pilotes, une prise en charge des soins de santé ou encore des boissons et snacks gratuits durant leurs vols.

Les pilotes de Ryanair menacent de faire grève s'il n'y a pas prochainement d'améliorations significatives de leurs conditions de travail et de leur salaire.

La semaine dernière, les pilotes de l'aéroport de Londres-Stansted, l'une des bases principales de la compagnie aérienne irlandaise, ont rejeté la nouvelle offre de primes de la direction. Un refus qui a incité l'EERC, le Conseil européen des Représentants des Employés de Ryanair, à transmettre de nouvelles revendications à la direction de la compagnie.

Le groupe de représentants des employés, qui n'est officiellement pas reconnu par Ryanair, évoque également la possibilité de faire grève. "Bien qu'aucun pilote ne souhaite entreprendre d'actions, parfois, c'est la seule manière d'amener un employeur intransigeant à un accord satisfaisant", peut-on lire dans un document envoyé par l'EERC à l'ensemble des pilotes de Ryanair et consulté par Bloomberg. "Nous devons envisager cette possibilité pour nous assurer d'avoir une voix égale à la table des négociations", ajoute le document.

Plein écran
O'Leary refuse de tolérer les syndicats car ils sont, selon lui, opposés à tout changement, même utile. © epa

Repas gratuits et soins de santé
Dans une dizaine de pages de revendications, les pilotes demandent notamment à disposer de repas et de boissons gratuites sur leurs vols, la prise en charge du coût de leurs uniformes, des hôtels et transports lors des escales, et des soins de santé. Ils demandent également à ce que le salaire de base soit porté à 150.000 euros par an, soit presque le double de ce qu'ils sont payés actuellement.

Enfin, les pilotes exigent que Ryanair arrête de négocier des primes salariales différentes selon les bases, une technique qui consiste selon eux à "diviser pour mieux régner", et entame des discussions applicables sur l'ensemble de ses 87 bases présentes en Europe.

Actuellement, la plupart des 4200 pilotes de la compagnie sont des indépendant sous contrat local. Ils doivent payer eux-mêmes leur formation, leur tenue, ainsi que leurs repas dans l'avion, et n'ont aucune possibilité de s'unir pour réclamer des avantages. Michael O'Leary, le fondateur de la compagnie irlandaise refuse d'ailleurs de reconnaître un quelconque syndicat.

En 2013, alors que les pilotes avaient déjà tenté de s'associer au sein du "Ryanair Pilot Group" (RPG), O'Leary avait simplement déclaré: "RPG n'existe pas". Il avait justifié son choix de ne pas tolérer les syndicats par le fait que selon lui, ces derniers sont opposés à tout changement, même utile.

Plein écran
© afp
Plein écran
Ryanair a récemment annulé 20.000 vols jusqu'au mois de mars prochain faute de pilotes disponibles, impactant ainsi près de 700.000 voyageurs. © epa
Plein écran
© reuters

Promesses
Dans une lettre d'excuses adressée à l'ensemble de son personnel au début du mois, Michael O'Leary promettait une série de primes "qui pourraient être élargies" et un alignement des salaires sur ceux des pilotes des sociétés à bas coûts concurrentes.

La direction a ainsi proposé à ses pilotes une augmentation de plus de 25.000 euros par an, primes comprises - une offre rejetée par 60% des navigants basés à Londres-Stansted, le 20 octobre dernier, ainsi que par leur collègues basés à Madrid.

Nouvelles recrues
La colère ne cesse de monter depuis que Ryanair a annulé 20.000 vols jusqu'à mars prochain faute de pilotes disponibles, impactant ainsi près de 700.000 voyageurs. Créé après ces annulations, le Conseil européen des Représentants des Employés de Ryanair (EERC) tente aujourd'hui de mettre sur pied un groupe de négociations pour l'ensemble des bases européennes de la compagnie aérienne.

Mais Ryanair tient fermement à son modèle économique "low cost". Pour endiguer la crise des pilotes, la compagnie engage à tour de bras. Le 13 octobre, 45 pilotes ont rejoint ses rangs, tandis que Peter Bellew, l'actuel PDG de Malaysia Airlines, deviendra le 1er décembre prochain le nouveau directeur opérationnel, "avec une responsabilité spécifique dans le suivi des pilotes".

"Il mènera une transformation importante dans la façon dont nous récompenserons et interagirons avec nos pilotes, améliorerons leur environnement de travail et leur développement de carrière au cours des prochaines années ", avait commenté Michael O'Leary lors d'une conférence de presse.

Contacté par 7sur7, le porte-parole de Ryanair a avoué que la liste de demandes émanant du EERC n'avait "clairement aucune valeur". "Étant donné que le salaire d'un pilote Ryanair est maintenant 20% plus élevé que celui des concurrents, nous n'aurons aucune difficulté à attirer de nouveaux pilotes au cours des 12 prochains mois", explique Michael Lison, ajoutant que derrière l'EERC se cache, selon Ryanair, des syndicats de compagnie aérienne concurrentes.