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Des milliers de “sardines” se sont réunies à Rimini, le 24 novembre 2019. © AP

“Les pingouins mangent les sardines”, Facebook fait fermer une page pro-Salvini

“Nous sommes attaqués”, s’écrie Leonardo Cisaria, le fondateur du mouvement “i pinguini” (les pingouins).

Le mouvement des pingouins est né en réaction à l’arrivée des “sardines”, les militants qui se dressent contre la politique de Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien. Le nom a été choisi, car les “pingouins mangent les sardines”. Le manifeste du mouvement stipule que les pingouins détestent “toute forme d’hypocrisie”. Ils accusent les sardines “d’être de gauche tout en menant une vie de droite”. Ils se présentent comme étant de centre-droit, en faveur de l’Union européenne et opposés aux politiques du PD et du Mouvement des Cinq Étoiles.

La page censurée

En cinq jours, la page des “pingouins” avaient atteint les 65.000 abonnements. Le mouvement prenait de l’ampleur, mais, vendredi 6 décembre, quelques semaines après sa création, les membres du groupe ont eu la surprise de recevoir un message leur annonçant que le groupe avait été désactivé, car “il ne respectait pas les standards de la communauté Facebook”. 

“Nous sommes attaqués”, dénonce Leonardo Cisaria, un analyste financier de 61 ans qui a fondé le mouvement. “Ils ont réussi à faire fermer la page qui comptabilisait environ 180.000 participants. Mais nous serons de plus en plus unis. On ne s’arrête pas. Nous travaillons déjà pour en sortir encore plus forts”. “Nous espérons qu’ils nous permettront bientôt de nous faire entendre à nouveau sur les réseaux sociaux”, a ajouté Potito Perruggini, un porte-parole. “Peut-être que certains nous ont sous-estimés”.

Les “sardines” censurées quelques heures

Facebook a par le passé censuré un bon nombre de pages liées à des partis, même des mouvements qui respectaient les règles de la démocratie et qui avaient des représentants dans les assemblées élues. 

Le 24 novembre dernier, Facebook fermait également la page des “6.000 sardines”. Le réseau social l’avait cependant réhabilitée quelques heures plus tard.

“Pousser à la réflexion”

En attendant, les “sardines” continuent de s’organiser. Une réunion des organisateurs est prévue au niveau national, le 14 décembre et une grande manifestation devrait bientôt avoir lieu à Rome, Piazza San Giovanni. Un sondage lancé par le centre d’études Demos & Pi révèle qu’un Italien sur quatre serait “prêt à voter pour une sardine”. Le mouvement n’a pourtant pas pour ambition de se présenter aux élections, préférant laisser cela aux personnes “capables”. Ils souhaitent en revanche “pousser les Italiens à la réflexion”.