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"Les procureurs devraient être soumis à des tests mentaux"

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La proposition du leader de la droite italienne Silvio Berlusconi de faire subir aux procureurs des examens médicaux "pour attester de leur santé mentale" provoque la polémique en pleine campagne électorale, rapporte la presse mercredi.

Lors d'un meeting à Savone (nord) mardi, Silvio Berlusconi, candidat de la droite aux législatives des 13 et 14 avril, s'est attaqué au ministère public en déclarant que "l'accusateur public devrait être régulièrement soumis à des examens qui attestent de sa santé mentale".

Interrogé par la radio RaiUno mercredi matin, Silvio Berlusconi a tenu à préciser que sa proposition visait la mise en place de "tests psychologiques et comportementaux, comme ceux exigés pour beaucoup d'autres professions, par exemple les pilotes".

"Ce sont des commentaires de fous, dans le sens où seul un fou peut dire ce genre de choses", a vivement réagi Antonio Di Pietro, ministre des Infrastructures et ancien magistrat anti-corruption, cité par la presse. "Et je ne comprends pas pourquoi il veut limiter ces examens sur la santé mentale aux procureurs et ne pas les étendre aussi aux juges et à ceux qui veulent être chefs du gouvernement", a-t-il ajouté.
Pour Walter Veltroni, candidat du centre-gauche, les propos de son adversaire signifient "ne pas avoir le sens de l'Etat et des institutions".

"Et celui qui dit ces choses est une personne qui se présente pour guider le pays. Il semble qu'il y ait une perte de contrôle de la part de nos adversaires. Toutes les deux minutes, on m'apporte des dépêches d'agence qui font sursauter, on n'arrive pas à croire à ce qu'on lit", a résumé le candidat du Parti démocrate (PD). Le président de l'Association nationale des magistrats (ANM), Simone Luerti, a pour sa part évoqué "un banal spot électoral".

Les attaques de Silvio Berlusconi contre les magistrats sont courantes, le milliardaire les accusant de s'acharner contre lui et sur ses anciennes activités d'homme d'affaires pour des raisons politiques.
Il avait déjà fait scandale en septembre 2003 sur le même sujet, assurant que les juges sont "mentalement dérangés".

"Les juges sont doublement dérangés. Ils le sont d'abord politiquement. Ensuite, ils le sont par nature. Pour faire ce travail, il faut être mentalement dérangé, il faut avoir des troubles psychiques", avait-il dit alors, suscitant un tollé de protestations. (belga)