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Manifestation contre la Russie à Istanbul. © afp

Les récits turc et russe comportent des erreurs

Des scientifiques de la KUL se sont penchés sur les affirmations turques et russes à la suite du crash d'un avion militaire russe abattu par les forces turques mardi. Tom Van Doorsselaere et Giovanni Lapenta, professeurs au département mathématiques de l'université, concluent que les deux versions de l'histoire comportent des erreurs.

"Les forces aériennes turques affirment avoir averti les avions russes au moins 10 fois, en 5 minutes", indiquent-ils. Cependant, un jet parcourt 80 km sur un tel laps de temps, soit la distance entre Gand et Louvain. "Comment la Turquie pouvait-elle déjà prédire que les jets russes allaient entrer dans son espace aérien? Les jets militaires sont très mobiles, et en théorie ils pouvaient encore éviter l'espace aérien turc en toute dernière minute. Les avertissements aux pilotes russes n'étaient donc à ce moment-là que de la spéculation", indiquent Tom Van Doorsselaere et Giovanni Lapenta.

Selon eux, l'avion russe abattu n'a passé que 7,5 secondes dans l'espace aérien turc, et non 17 secondes, comme indique la Turquie. Ils arrivent à cette conclusion sur base de calculs de vitesse effectués entre autres à partir de la carte publiée par la Turquie. L'avion aurait parcouru moins de 2 kilomètres au-dessus de cette dernière.

Selon les mêmes scientifiques, l'histoire relatée par la Russie comporte également des erreurs. La carte reprenant la route de vol de l'avion abattu, communiquée par les Russes, indique qu'il aurait fait un virage de 90° après avoir été atteint par le projectile turc, ce qui est "un non-sens sur le plan scientifique". "Un changement de trajectoire de 90° ne peut qu'être provoqué par un objet bien plus lourd ou rapide que le jet".