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Les réponses aux questions que l’on se pose tous sur le coronavirus

Questions-réponsesLe coronavirus se répand et les mesures pour le contenir sont renforcées dans tout le pays. Comment attrape-t-on le virus? Comment s’en protéger? Quels sont ses symptômes et quel est le degré de dangerosité du COVID-19? Ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes concernant la propagation et du coronavirus et comment s’en prémunir.

Comment attrape-t-on le coronavirus?

On suppose que le virus est transmis par de petites gouttelettes qui sont libérées par le nez, la gorge ou les poumons lors de la toux ou des éternuements. Ces gouttelettes se répandent ensuite dans l’air. Pour l’instant, on ne sait pas encore combien de temps le virus peut rester dans l’air et continuer à y circuler.

Le COVID-19 peut également être transmis par des surfaces telles que les poignées de porte. Il y survivra probablement pendant quelques heures, mais ce n’est certain: les chercheurs planchent encore sur cette éventualité. Quoi qu’il en soit, le virus a constamment besoin d’un homme ou d’un animal pour rester en vie pendant longtemps.

Quelle est la période d’incubation du virus?

“Cela dépend des symptômes”, explique le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven). “La durée d’incubation, lorsque vous n’avez pas encore de symptômes, est d’environ 5,2 jours en moyenne. Cela peut être un peu plus court, ou un peu plus long. Vous pouvez donc vous promener avec le virus pendant près d’une semaine sans le savoir. Vous ne tousserez pas et n’éternuerez pas, ce qui maintiendra le virus dans votre gorge”.

Quels sont les symptômes?

Dans certains cas, ceux qui ont contracté le coronavirus se sentent à peine malade. D’autres présentent plus ou moins les mêmes symptômes que le virus de la grippe à savoir nausées, maux de gorge et de tête, courbatures, toux, éternuements, fièvre. À un stade ultérieur, des problèmes respiratoires peuvent survenir lorsque le virus se déplace vers les poumons. Si les poumons ne fournissent plus suffisamment d’oxygène à l’organisme en raison de cette affection, d’autres fonctions organiques peuvent défaillir ou des complications peuvent survenir, en particulier chez les patients les plus vulnérables. “Dans 80 % des cas, les symptômes se limitent à un nez morveux”, a expliqué récemment la ministre de la Santé, Maggie De Block, à VTM NIEUWS.

Qui est le plus en danger?

“C’est un nouveau virus, contre lequel personne n’a d’anticorps, donc n’importe qui pourrait théoriquement l’attraper. Mais avec le temps, vous verrez que certaines personnes développeront des anticorps et que beaucoup d’autres contracteront la maladie sans aucun symptôme”, a indiqué Marc Van Ranst.

Le virus touche principalement les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Le groupe le plus touché par une grippe hivernale normale est le plus à risque”, affirme M. Van Ranst. “Il touche généralement les personnes âgées qui ont déjà des troubles sous-jacents.”

“Toute personne qui développe des anticorps contre le virus est protégée pendant quelques années, mais pas pour toujours”, explique-t-il. “Nous savons cela grâce aux précédents cas de coronavirus.”

Et les femmes enceintes?

La revue scientifique médicale The Lancet a publié le 7 mars les résultats observés par une équipe chinoise. Les cas de neuf femmes enceintes atteintes du coronavirus ont été analysés au cours du troisième trimestre de la grossesse. Aucune d’entre elles ne présentaient de vulnérabilité particulière, n’avaient développé d’infections respiratoires sévères et aucune n’est décédée. Il n’y a pas à ce stade d’indication scientifique que les femmes enceintes sont plus vulnérables au coronavirus. Il y a d’ailleurs peu de femmes enceintes parmi les patients les plus malades.

Cependant, on conseille aux femmes enceintes, comme pour les autres maladies à transmission inter-humaine (grippe saisonnière, gastro-entérite) de garder leurs distances avec les personnes malades, ne serait-ce que par précaution.

Et concernant la transmission du virus à l’enfant? Début février, la chaîne de télévision publique chinoise CCTV a rapporté un cas très probable de transmission mère-enfant durant la grossesse. Trente heures après sa naissance, le virus a été détecté chez un nouveau-né dont la mère avait contracté le Covid-19 durant sa grossesse. Des signes d’infection pulmonaires ont été observés sur ses radiographies pulmonaires. Il n’est pas clair si l’enfant a été infecté durant la grossesse ou au moment de sa naissance mais les médecins de l’hôpital pour enfants de Wuhan ont indiqué qu’il fallait envisager comme possible la transmission du virus de la femme enceinte à son fœtus.

Concernant l’allaitement, il n’existe à l’heure actuelle aucune preuve que le coronavirus passe dans le lait maternel des femmes atteintes du Covid-19 et allaitantes. 

“Compte tenu des bienfaits de l’allaitement et du rôle insignifiant du lait maternel dans la transmission d’autres virus respiratoires, la mère peut continuer d’allaiter, tout en observant les précautions nécessaires”, estime l’Unicef. 

Comment guérir du virus?

La grande majorité des patients guérissent spontanément. Leur corps produit des anticorps qui chassent progressivement le virus de l’organisme. La rapidité avec laquelle on guérit dépend des symptômes. Les personnes qui présentent peu de symptômes ou de légères plaintes guérissent plus rapidement, généralement après quelques jours. Les patients dont la situation s’est aggravée et qui doivent être hospitalisés (environ 1 cas sur 5) ont besoin de plus de temps pour se rétablir. Ils peuvent parfois être malades pendant des semaines.

Le COVID-19 étant un virus et les antibiotiques n’agissant pas contre les virus, ils sont inefficaces. Ils ne doivent pas être utilisés comme moyen de prévention ou de traitement du COVID-19. Ils doivent être utilisés seulement sur prescription médicale pour traiter une infection bactérienne.

Quels sont les risques de mourir du virus?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à environ 20 % la probabilité qu’une personne infectée devienne gravement malade et à 2 % celle qu’elle meure. La grippe est moins mortelle, avec un taux de mortalité de 0,1 % des patients. En principe, le système immunitaire des personnes en bonne santé est capable de faire face au virus.

Que pouvez-vous y faire?

Prenez les mêmes précautions que pour prévenir une infection grippale: une bonne hygiène est indispensable- comme le lavage des mains, plus que d’habitude, et certainement en revenant du travail ou après l’utilisation des transports publics - et de préférence aucun contact avec des personnes malades infectées ou suspectées d’être infectées. L’OMS recommande de se laver les mains consciencieusement à l’eau et au savon, et d’éternuer dans le pli coude. Pourquoi? Parce que se laver les mains au moyen d’une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon tue le virus s’il est présent sur vos mains. Gardez une distance d’au moins un mètre entre vous et les autres et évitez tout contact physique lorsque vous vous saluez: ne vous serrez pas la main, ne vous embrassez pas et ne vous étreignez pas. Un autre conseil est de toucher le moins possible les yeux, le nez et la bouche. En outre, l’OMS appelle également les entreprises à prendre des mesures tels que le télétravail.

Il faut certainement éviter tout contact avec des personnes malades qui sont infectées ou qui sont soupçonnées d’être infectées, une mesure logique. Il est donc préférable d’éviter de rendre visite aux membres de la famille à l’hôpital et les contacts entre les grands-parents et leurs jeunes petits-enfants doivent être actuellement aussi limités que possible.

Dois-je porter un masque pour me protéger?

Il ne faut porter un masque que si on présente des symptômes du coronavirus (en particulier, la toux) ou si on s’occupe de quelqu’un susceptible d’être atteint de la maladie. Les masques jetables sont à usage unique. Si vous portez un masque alors que vous n’êtes pas malade ou que vous ne vous occupez pas de quelqu’un qui est malade, c’est du gaspillage. Comme il y a une pénurie mondiale de masques, l’OMS conseille de les utiliser avec parcimonie.

La meilleure façon de se protéger et de protéger les autres reste de se laver fréquemment les mains, de se couvrir la bouche avec le pli du coude ou avec un mouchoir et de se tenir à une distance d’au moins un mètre de toute personne qui tousse ou qui éternue. 

Le virus va-t-il disparaître de lui-même?

“La courbe épidémique est similaire à celle du virus du SRAS en 2003: faite de hauts et de bas”, explique le virologue Marc Van Ranst. “Après deux mois de légères hausses, il y a eu soudain un pic. Par rapport au SRAS, il y a maintenant un groupe plus important de personnes qui sont légèrement malades, ce qui signifie que le virus est actuellement plus répandu”. Il y a de fortes chances que le coronavirus se manifeste moins voire pas du tout en été, mais encore une fois ce n’est pas certain. “Je crains que nous soyons dépassés par les faits d’ici là”, estime le virologue. “Il se pourrait que d’ici l’été, il y ait déjà tellement d’infections qu’il importe peu que les températures augmentent ou non (normalement, le coronavirus se propage plus rapidement lorsqu’il fait plus froid, ndlr) ou - à l’inverse - que le nombre d’infections ait déjà tellement diminué que cela n’ait plus d’importance”. L’OMS a également mis en garde contre les “faux espoirs” de voir le virus disparaître d’ici l’été.

Y aura-t-il un vaccin?

Le Covid-19 est un virus et il n’existe pour l’instant pas de médicaments pour le combattre. Un virus tel que le VIH est traité avec des inhibiteurs de virus ou des antiviraux. Pour le nouveau coronavirus en particulier, un tel médicament n’existe pas aujourd’hui, bien qu’on y travaille activement.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il faudra 18 mois avant qu’un vaccin soit mis sur le marché. Cela peut sembler long, mais ce n’est pas le cas. Normalement, il faut dix ans pour obtenir un vaccin. En effet, un vaccin ne doit pas seulement être fabriqué, il doit aussi être testé sur des animaux et des personnes. Ce n’est qu’alors que l’on peut demander aux autorités, telles que l’Agence européenne des médicaments, d’approuver le vaccin.

Quid des animaux domestiques?

À ce stade, rien ne prouve que les animaux de compagnie ou les animaux domestiques, tels que les chiens ou les chats, ont été infectés par le virus du COVID-19 ou pourraient le propager, indique l’OMS.

Le ministre bruxellois du Bien-être animal, Bernard Clerfayt, a lui rappelé que le virus n’est pas transmissible de l’homme à l’animal ni de l’animal à l’homme et ce après avoir pris des contacts avec le SPF Santé Publique, l’Ordre des médecins vétérinaires et l’Union Professionnelle Vétérinaire. Ceux-ci confirment que les coronavirus pouvant toucher les animaux sont différents du Covid-19 et ne peuvent pas être transmis à l’homme.

Toutefois et par mesure de précaution, il est conseillé aux propriétaires d’animaux d’éviter les contacts bouche et nez, selon la porte-parole de M. Clerfayt, Pauline Lorbat. 

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