Plein écran
Le président français Emmanuel Macron, au trentième anniversaire de la Convention des droits de l’enfant, organisé à Paris, le 20 novembre. © EPA

Macron durcit les sanctions pour la consultation d'images sur internet

Le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi vouloir durcir les sanctions pour consultation d'images pédopornographiques, instaurer un contrôle parental par défaut sur internet et renforcer le contrôle d'âge pour l'accès aux sites pornographiques.


Les peines pour l'utilisation d'images pédopornographiques vont être portées à cinq ans et leurs auteurs automatiquement fichés pour leur interdire de travailler auprès d'enfants, a-t-il déclaré à l'Unesco à Paris, à l'occasion du 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant.

"Jusqu'à aujourd'hui, on pouvait avoir été condamné pour consultation et détention d'images pédopornographiques mais exercer une profession en contact avec les enfants, parce que cette information pourtant capitale n'était pas accessible à tous les employeurs", a-t-il dit.

Le scandale d’un chirurgien accusé de viol

Ces annonces interviennent alors que la France est sous le choc d'une affaire de pédophilie d'une ampleur inédite. Un ancien chirurgien (condamné pour détention d'images pédopornographiques en 2005) est suspecté d'avoir violé ou agressé de jeunes patients de 1989 à 2017. 250 victimes potentielles ont été identifiées.

Un fichier de personnes condamnées

Désormais les personnes condamnées pour consultation et détention d'images pédopornographiques (400 par an environ en France) seront inscrites dans un fichier. Et "toutes les personnes qui dirigent des crèches, des écoles, des clubs de sport, des associations agréées non seulement pourront mais devront consulter ce fichier quand elles embauchent quelqu'un".

Pour lutter contre l'exposition des enfants aux sites pornographiques, le chef de l'État a par ailleurs donné six mois aux "acteurs de l'internet" pour "mettre en place un contrôle parental par défaut", plutôt qu'une option volontaire comme c'est le cas actuellement.

Le contrôle parental automatique

"Je sais que ça gêne beaucoup de plateformes, beaucoup d'opérateurs numériques", a-t-il dit. Mais "si dans six mois, nous n'avons pas de solution, nous adopterons une loi pour le contrôle parental automatique".

Il a enfin réclamé que les sites pornographiques renforcent les contrôles d'âge des internautes et souhaité que ce combat devienne européen, voire international, pour faire également appliquer ces obligations aux sites basés hors de France.