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Macron et Merkel sous les huées avant de signer le traité d'Aix-la-Chapelle

Emmanuel Macron et Angela Merkel, réunis à Aix-la-Chapelle dans l'ouest de l'Allemagne pour signer un nouveau traité de coopération franco-allemand, y ont été accueillis mardi matin par les huées de quelques dizaines de personnes, dont certaines vêtues de gilets jaunes. Le président français et la chancelière allemande se sont vite engouffrés dans la prestigieuse mairie de la ville, échappant aux sifflets et vuvuzelas.

Certains manifestants criaient "Merkel muss weg" ("Merkel doit partir") et "Macron démission". Plusieurs arboraient des gilets jaunes et le slogan allemand "Aufstehen" (Levez-vous), du nom d'un mouvement fondé en septembre par des membres du parti de gauche radicale Die Linke.

Les deux dirigeants ont signé a Aix-la-Chapelle un nouveau Traité censé élever la relation bilatérale à un "niveau supérieur". Il complète celui conclu en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Le texte prévoit un rapprochement dans le secteur de la défense, et se veut ainsi "une contribution" à la création à terme d'une armée européenne, a affirmé la chancelière Angela Merkel dans un discours en marge de la signature.

La chancelière a évoqué le développement d'une "culture militaire et d'une industrie de l'armement communes".

Le texte prévoit notamment un rapprochement dans le secteur de la défense, et se veut ainsi "une contribution" à la création à terme d'une armée européenne, a affirmé la chancelière Angela Merkel dans un discours en marge de la signature. La chancelière a évoqué le développement d'une "culture militaire et d'une industrie de l'armement communes", qui figurent dans le nouveau traité. 

Les deux dirigeants français et allemand avaient affirmé à l'automne dernier leur volonté de voir émerger une armée européenne et s'étaient alors attirés les foudres du président américain Donald Trump. Le nouveau traité franco-allemand prévoit une clause de solidarité bilatérale entre les deux pays en cas d'agression de l'un ou l'autre pays, venant en complément de celle qui figure déjà au sein de l'Otan.

Une coopération renforcée
Le texte dit qu'ils "se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d'agression contre leur territoire". Cela vaut aussi en cas d'attentats.

Il est aussi prévu "d'opérer des déploiements conjoints" et d'instituer un "Conseil franco-allemand de défense et de sécurité".

"Ceux qui oublient la valeur de la réconciliation franco-allemande se rendent complices de crimes du passé, ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal aux peuples qu'ils prétendent défendre en faisant bégayer nos Histoires", a lancé le président français à l'adresse de ceux qui ont diffusé de fausses informations sur ce Traité, notamment l'extrême droite française. Cette dernière a notamment prétendu que le texte prévoyait la cession par la France à l'Allemagne de son siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU ou que l'allemand allait devenir la "langue administrative" en Alsace et Lorraine.

Dans une Europe "menacée par les nationalismes, bousculée par le Brexit", l'Allemagne et la France "doivent assumer leurs responsabilités et montrer la voie, de l'ambition, de la souveraineté réelle, de la protection des peuples", a affirmé le président français. "Nous aimons nos patries et nous aimons l'Europe parce que nous savons qu'elles sont irrémédiablement inséparables". 

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Macron dénonce les "mensonges"

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé mardi les "mensonges" relayés notamment par l'extrême droite française au sujet du nouveau Traité franco-allemand signé à Aix-la-Chapelle avec la chancelière allemande Angela Merkel.

"Ceux qui oublient la valeur de la réconciliation franco-allemande se rendent complices de crimes du passé, ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal aux peuples qu'ils prétendent défendre en faisant bégayer nos Histoires", a lancé le président français à l'adresse de ceux qui en France ont diffusé des fausses informations sur ce Traité. L'extrême droite française a notamment prétendu que le texte prévoyait la cession par la France à l'Allemagne de son siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU ou que l'allemand allait devenir la "langue administrative" en Alsace et Lorraine.

Dans une Europe "menacée par les nationalismes, bousculée par le Brexit", l'Allemagne et la France "doivent assumer leurs responsabilités et montrer la voie, de l'ambition, de la souveraineté réelle, de la protection des peuples", a affirmé le président français. "Nous aimons nos patries et nous aimons l'Europe parce que nous savons qu'elles sont irrémédiablement inséparables", a ajouté M. Macron.

En France, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, et le dirigeant de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, ont notamment attaqué ces derniers jours ce nouveau Traité, qui prévoit selon eux d'importants abandons de souveraineté par la France à son voisin allemand. "Des voix s'élèvent, d'universitaires reconnus, qui dénoncent eux aussi des abandons graves de notre souveraineté. On ne se taira pas", a ainsi tweeté Mme Le Pen durant les discours de Mme Merkel et M. Macron.

L'extrême droit allemande n'est pas en reste. Un de ses dirigeants, Alexander Gauland, a ainsi accusé Paris et Berlin de vouloir avec le traité créer "une super-UE" à l'intérieur de l'Union européenne. "Nous autres populistes demandons que chacun s'occupe d'abord de son pays. Et nous ne voulons pas que Macron le fasse avec l'argent des Allemands", a-t-il tonné.