Jean-Luc Melenchon
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Jean-Luc Melenchon © Photo News

Macron renonce à sa future retraite de président: “Démagogie!”, crie Jean-Luc Mélenchon

Mise à jour“Un luxe que tout le monde ne peut pas se payer”, “démagogie!”, “une énième opération de communication” : en pleine crise sur la réforme des retraites, des responsables de gauche comme de droite ont relativisé dimanche le renoncement d’Emmanuel Macron à toucher sa future pension d’ancien chef de l'État.

“C’est insupportable, il n’y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités”, a dénoncé le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV.

“Il a les moyens de se passer d’une retraite de 6.000 euro, mais la plupart des gens n’ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas (...) “Qu’est-ce que ça veut dire ? Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez y renoncer”, a-t-il ajouté, dénonçant la “démagogie” du président.

“Vous qui aurez des retraites de misère, de quoi vous vous plaignez ? Suivez l’exemple du roi ! (Qui lui a plein de points dans sa besace grâce à la banque Rotschild !)”, a ajouté l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur Twitter.

“Que le président de la République, les ministres, les parlementaires soient alignés au régime général, c’est la moindre des choses”, a relativisé à son tour le secrétaire national du PCF et député Fabien Roussel dans l’émission Le Grand rendez-vous sur Cnews et Europe 1. “Qu’on mette fin à ce type de privilège, enfin!”.

“C’est quand même un luxe que tout le monde ne peut pas se payer”

Mais le renoncement du président de la République, “c’est quand même un luxe que tout le monde ne peut pas se payer”, a-t-il relevé, “quand, lui, a touché 2,4 millions en 18 mois à la banque Rothschild” et “payait l’impôt sur la fortune” avant de “se le supprimer” lorsqu’il est arrivé au pouvoir.

Pour le patron du PS Olivier Faure, le fait “que le président renonce à l’un de ses privilèges, très bien”. “Mais la retraite des Français n’en est pas un”, a-t-il ajouté.

La présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale Valérie Rabault a, elle, évoqué une “drôle de façon de présenter les choses” de la part de l'Élysée: “1. Le Gouvernement veut supprimer les régimes spéciaux 2. Le régime de retraite du Président de la République est en quelque sorte un régime spécial 3. Donc y a-t-il quelque chose d’extraordinaire à s’appliquer ce qu’on préconise pour les autres ?”, a-t-elle demandé sur Twitter.

L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a pour sa part considéré que “la vraie question c’est de savoir s’il renonce à retourner après l’Élysée dans le monde du business mondialisé avec les énormes retraites chapeaux qui vont avec et dont les montants sont sans commune mesure...”

Une “énième opération de communication”

À droite, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé une “énième opération de communication”. “Je ne doute pas que les fonds de pensions auxquels il offre le marché des retraites lui assureront un pantouflage doré ou des conférences bien rémunérées!”, a-t-il insisté.

L’Élysée a confirmé samedi qu’Emmanuel Macron renonçait par avance à sa future retraite d’ancien président de la République, équivalente au salaire d’un conseiller d’État, soit 6.220 euros bruts mensuels. 

M. Macron, qui a fêté ses 42 ans ce samedi, a également décidé de ne pas siéger à l’avenir au Conseil constitutionnel dont les anciens présidents sont membres de droit à vie, avec une indemnité de 13.500 euros.

Le président français Emmanuel Macron.
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Le président français Emmanuel Macron. © AFP

“Cohérence”

Cette décision intervient en plein mouvement de grève et de manifestations contre la réforme des retraites voulue par le chef de l'État, qui a appelé samedi à une "trêve" au 17e jour de la mobilisation. Mais selon l'Élysée, "il n'y a pas de volonté d'affichage", seulement "une volonté de cohérence" de la part d'Emmanuel Macron, qui sera le premier président à renoncer à la pension à vie à laquelle il a droit après son départ.

La retraite d'un ancien président s'élève à 6.220 euros bruts mensuels. Selon une loi de 1955, ce montant n'est soumis à aucune condition d'âge, ni de durée de mandat, ni de plafond de revenus.

"Il a décidé qu'il ne s'appliquerait pas cette loi à court terme en 2022, ni en 2027 en cas de deuxième mandat", a indiqué l'Élysée, confirmant une information du journal Le Parisien.

Nouveau système

À la place, "un nouveau système sera créé dans le cadre du futur régime universel par points" qui, dans le cadre de la réforme en cours, doit se substituer aux 42 régimes de retraite existant actuellement en France.

Selon l'Élysée, la cohérence veut que la loi de 1955 ne s'applique plus à aucun président à l'avenir.