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Marine Le Pen dénonce l'ingérence étrangère en Syrie

La responsable française d'extrême droite Marine Le Pen a dénoncé "l'ingérence" étrangère, occidentale, qatarie ou saoudienne, dans le conflit syrien, dans un entretien diffusé lundi par la chaîne syrienne pro-Assad Sama TV.

Interrogée par un journaliste indépendant dans son bureau au siège du Front national (FN) en région parisienne, Mme Le Pen a livré sa vision du "printemps arabe" et du conflit syrien.

"Nous avions prévu que ces révolutions qui étaient au départ des révolutions sociales allaient être récupérées par les fondamentalistes islamiques et qu'au printemps arabe succéderait l'hiver islamiste", explique la présidente du FN. "Et je crois que ce risque s'est aussi réalisé à cause de l'aveuglement des pays occidentaux", ajoute-elle.

Sur la Syrie, la patronne du FN réaffirme sa position contre l'"ingérence" étrangère.

"Nous nous battons en France pour la souveraineté du peuple français mais nous défendons également la liberté, la souveraineté et l'identité de tous les peuples du monde dont nous pensons qu'ils doivent garder la maîtrise de leur destin", fait-elle valoir en dénonçant le rôle des puissances occidentales dans le conflit syrien comme dans le conflit libyen.

"J'ai pensé dès le départ que c'était par la diplomatie que l'on pouvait tenter de trouver la voie du dialogue, mais cela n'a pas été le cas. Les puissances occidentales ont fait la même chose qu'en Libye mais de manière secrète. La réalité, c'est que nous avons contribué à conseiller les rebelles syriens qui eux-mêmes ont été pris en main par les islamistes, que nous nous sommes servis de nos alliés qataris et saoudiens pour les armer et qu'aujourd'hui on est face à une guerre civile dont évidemment les populations sont les premières victimes", déclare-t-elle.

Cet entretien devait à l'origine être repris par des chaînes libanaises, qui l'ont refusé. Il a été finalement diffusé lundi sur la chaîne Sama TV du groupe Ad Dounia (pro-gouvernemental), a expliqué à l'AFP le Front national.

La chaîne, quant à elle, s'est félicitée dans un communiqué qu'une personnalité politique occidentale ait accepté pour la première fois de parler à un média syrien.

La Syrie est le théâtre depuis 21 mois d'un conflit qui a fait plus de 60.000 morts selon l'ONU.