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Mario Monti fait (presque) l'unanimité en Italie

La Ligue du Nord, principal allié de Silvio Berlusconi ces dix dernières années, a rejeté jeudi l'idée de soutenir l'ex-commissaire européen Mario Monti à la tête d'un gouvernement de transition italien, même si le Cavaliere semble soutenir cette candidature.

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Les candidats: Domenico Alfano, Giulio Amato, Mario Monti et Gianni Letta © afp
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Le Palais Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres italien © afp
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"Si le président de la République donne le mandat pour former un nouveau gouvernement à quelqu'un comme Mario Monti, qui ne fait pas partie de la majorité sortie victorieuse des élections de 2008, la Ligue ne le soutiendra pas et passera dans l'opposition", a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni.
 
M. Maroni, un des principaux dirigeants du parti populiste d'Umberto Bossi, était pourtant considéré par l'ensemble de la presse comme étant la personnalité la moins opposée au sein de la Ligue du Nord à cette nomination.
 
"La Ligue votera les mesures" promises à l'Union européenne par Silvio Berlusconi "et cela représentera le dernier acte de ce gouvernement et de cette majorité", a ajouté M. Maroni.
 
M. Monti, ex-commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), est pressenti par l'ensemble de la presse italienne comme le futur chef du gouvernement de transition et il pourrait recevoir un mandat pour la formation du nouvel exécutif dès ce week-end.
 
Le Cavaliere lui a personnellement offert son soutien implicite dans un message lui souhaitant "un travail fructueux dans l'intérêt du pays".
 
La presse italienne le désigne
Il Corriere della Sera et La Repubblica, les deux principaux journaux de la Péninsule ont choisi une photo de M. Monti au côté du président de la République Giorgio Napolitano, chargé de désigner le successeur du Cavaliere. M. Monti entretient des relations étroites avec le locataire du Quirinal depuis l'époque où il était en charge de la Concurrence dans la commission dirigée par son compatriote Romano Prodi: M. Napolitano était alors parlementaire européen. En outre, le président italien a nommé mercredi Mario Monti sénateur à vie, fonction prestigieuse conférée seulement cinq fois ces vingt dernières années.

Profil
Professeur d'économie politique et président de La Bocconi, la faculté d'économie la plus prestigieuse du pays, Mario Monti semble le mieux disposé à s'attaquer aux nuages noirs qui s'accumulent sur l'économie italienne.

Sur l'échiquier politique, cet homme mesuré au nez toujours chaussé de lunettes se place au-dessus des partis: si c'est M. Berlusconi qui l'a proposé pour la première fois comme commissaire européen en 1994, c'est le gouvernement de gauche de Massimo D'Alema qui l'a confirmé dans ses fonctions en 1999. Durant ses dix ans à Bruxelles, au Marché Intérieur puis à la Concurrence, Mario Monti s'est taillé une réputation de compétence et d'indépendance, n'hésitant pas à s'attaquer à des géants comme Microsoft.

Dans un article de février 2000 intitulé "Super Mario", l'hebdomadaire britannique The Economist le présentait comme "l'un des plus puissants bureaucrates européens", avant de le décrire comme "un adepte de la persuasion plutôt que de la polémique". "Il a tel air d'autorité que même la calvitie n'a pas osé le défier", ironisait l' hebdomadaire britannique en allusion à son abondante chevelure.

A l'issue de son séjour bruxellois, M. Monti a repris sa carrière académique, entamée en 1970 à l'université de Turin après avoir étudié à La Bocconi et à l'université américaine de Yale, notamment auprès du futur prix Nobel James Tobin, père de la fameuse taxe qui porte son nom.

Marié et père de deux enfants, il est aussi éditorialiste du Corriere della Sera et assume de nombreuses fonctions au sein d'entreprises privées, notamment dans les conseils d'administration du groupe automobile Fiat et de l'assureur Generali. (belga/afp)