Laetitia Avia (LREM)
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Laetitia Avia (LREM) © AFP

Mediapart dénonce la face cachée d’une élue à l’origine de la loi “contre la haine en ligne”

Les accusations pleuvent sur Laetitia Avia (LREM) et ciblent la face cachée de la députée française qui vient pourtant de faire valider à l’Assemblée nationale une proposition de loi contre “l’impunité” de la haine en ligne. D’anciens collaborateurs dénoncent en effet des “humiliations à répétition” en coulisses et des “propos à connotation sexiste, raciste et homophobe” à leur égard. L’élue se défend et a indiqué qu’elle allait déposer plainte pour diffamation. 

Ses accusateurs livrent des témoignages accablants et révèlent “un fossé entre les valeurs défendues publiquement” par Laetitia Avia “et ce qu’ils ont constaté en travaillant à ses côtés”, relatent Mediapart et Europe1. Le journal d’investigation pointe l’attitude peu irréprochable de l’élue à l’égard de ses assistants. L’un d’entre eux, d’origine asiatique, aurait subi des remarques racistes: “Elle l’appelait parfois ‘le Chinois’ ou reprenait des clichés racistes pour parler de lui”. Elle aurait également tenu des propos insultants sur les homosexuels. Mediapart cite notamment un SMS dont l’un de ses journalistes a pu prendre connaissance: “On a voté l’amendement des PD”, commente-t-elle en avril 2018, après un vote en faveur des réfugiés LGBT. 

“Des bouts de messages privés détournés”

Laetitia Avia se défend sur ce point (voir ci-dessous): “C’est l’expression qu’utilisait mon ex-collab, lui-même homosexuel, pour désigner cet amendement que j’ai soutenu”. “Je n’ai jamais été raciste ou homophobe. Au contraire, mon parcours politique n’a pour raison d’être que la lutte contre le racisme et toutes les discriminations”, ajoute-t-elle. Elle s’excuse néanmoins mais dénonce des “bouts de messages privés détournés et décontextualisés”: “Une manipulation honteuse” et “un tableau mensonger dépeint par Mediapart”. “Nous nous expliquerons devant le juge”, annonce-t-elle en conclusion d’une longue discussion sur Twitter. 

Une loi validée mais très contestée

L’Assemblée nationale a adopté définitivement ce mercredi sa proposition de loi destinée à “mettre fin à l’impunité” de la haine en ligne. Ce texte a rapidement été jugé “liberticide” par ses détracteurs. Il prévoit à partir de juillet pour les plateformes et les moteurs de recherche l’obligation de retirer sous 24 heures les contenus “manifestement” illicites, sous peine d’être condamnés à des amendes allant jusqu’à 1,25 million d’euros. Sont visées les incitations à la haine, la violence, les injures à caractère raciste ou encore religieuses. 

Il s’agit de la première loi adoptée sans lien avec le coronavirus depuis le début de l’épidémie en France et elle divise l’hémicycle, même au sein de la majorité LREM. 

Sa page Wikipedia “caviardé”

Par ailleurs, Mediapart accuse aussi l’élue d’avoir “tenté de modifier sa page Wikipedia pour faire disparaître des informations gênantes”, relate le site spécialisé Les Numériques qui cite une “altercation durant laquelle la députée aurait mordu un chauffeur de taxi”. De multiples corrections, opérées par de proches collaborateurs de Laetitia Avia, auraient ainsi été apportées à l’article. 

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