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Merkel appelle le Parlement européen à valider le budget

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé jeudi le Parlement européen à approuver le budget 2014-2020 de l'Union européenne négocié début février, alors que des eurodéputés ont brandi la menace d'un veto.

"Je sais qu'il y a encore des discussions difficiles à venir avec le Parlement. C'est dans la nature des choses. Je veux simplement souligner que sans un accord au sein du Conseil européen, il n'y aurait absolument aucune base de décision pour le Parlement", a déclaré la chancelière.

"Nous serions tous bien avisés de ne pas voir d'abord ce qui divise, mais aussi de nous concentrer sur ce qui unit le Conseil européen et le Parlement", a-t-elle ajouté, en faisant longuement l'éloge de l'accord obtenu, au terme d'une rude bataille entre Etats, lors du sommet des 7 et 8 février. Le résultat obtenu est "d'une valeur inestimable", a-t-elle affirmé, ajoutant qu'il avait été "juste de ne pas se mettre d'accord en novembre sur une solution d'urgence, car la Grande-Bretagne n'aurait pas été là".

Louant la capacité de compromis des 27 Etats membres, elle a estimé que l'accord sur le budget de l'UE était bon "pour la croissance, la compétitivité et l'emploi". "C'est une bonne nouvelle pour l'avenir de l'Europe", a-t-elle assuré. "Je le dis de façon claire: personne, ni parmi les pays victimes de la crise, ni parmi ceux qui portent le plus grand poids de la solidarité, n'aurait pu accepter que tout le monde doivent économiser en Europe, sauf l'Europe elle-même", a-t-elle ajouté.

Les dirigeants de l'UE s'étaient mis d'accord lors du dernier sommet, à l'issue de plus de 24 heures de discussions tendues, sur un budget d'austérité pour 2014-2020, en baisse pour la première fois dans l'histoire de l'Union. Mais, dans une démarche inhabituelle, les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement européens, qui représentent une écrasante majorité des quelque 750 eurodéputés, avaient menacé de bloquer le compromis.

"Le Parlement européen ne peut accepter en l'état" cet accord, avaient assuré dans un communiqué commun Joseph Daul (conservateurs), Hannes Swoboda (socialistes), Guy Verhofstadt (Libéraux), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (Verts). Selon eux, il "ne renforcera pas la compétitivité de l'économie européenne. Au contraire, il ne fera que l'affaiblir. Ce n'est pas dans l'intérêt des citoyens européens".

En vertu du traité de Lisbonne, le Parlement européen doit désormais approuver le budget, ce qui n'était pas le cas pour les exercices pluriannuels précédents. Le vote doit intervenir en juillet.