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Capture d'écran © YouTube/ONG Reprieve

Mos Def teste l'alimentation forcée des détenus de Guantanamo

VideoAlors que Barack Obama est confronté à l'ire des organisations musulmanes et détracteurs de Guantanamo qui s'insurgent de voir les grévistes de la faim de la prison nourris de force, le rappeur Mos Def a accepté de subir le même traitement que les prisonniers. L'alimentation forcée lui a laissé un goût amer.

Qualifiée par certains de torture, l'alimentation forcée des détenus de Guantanamo est au centre d'une polémique aux Etats-Unis. Or la juge saisie du dossier des grévistes de la faim a décidé de ne pas interdire cette pratique. D'abord parce qu'il en va de la survie des détenus qui refusent de s'alimenter depuis des mois, ensuite parce qu'elle estime ne pas être compétente pour cette décision.

Ramadan
Selon la juge, seul Barack Obama a le droit de faire stopper ces mesures. Le dossier est épineux, et il a d'ores et déjà été admis par l'administration américaine que les détenus musulmans ne seraient plus nourris de force que la nuit, respect du ramadan oblige.

Torture
Mais pour les ONG concernées, cette décision ne va pas assez loin. Le caractère coercitif de l'alimentation par sonde serait insoutenable et extrêmement douloureux, au point d'être apparentée à de la torture. Afin de prouver ces accusations, l'ONG Reprieve a demandé à Mos Def alias Yasiin Bey de tester cette méthode.

Reconstitution
Le rappeur, chanteur, producteur et acteur, désireux d'apporter son soutien aux associations militant contre les pratiques de Guantanamo, a accepté d'être le cobaye de la reconstitution exacte d'une séance d'alimentation par sonde nasale sous l'oeil du réalisateur Asif Kapadian.

Insoutenable
Le rappeur, en tenue de prisonnier, est assis puis sanglé à la tête, aux poignets et aux chevilles. Du personnel médical lui insère alors la sonde par une narine. Les images sont difficilement supportables. Mos Def se crispe, pleure, crie, supplie, se tord de douleur. Il finit par demander en hurlant que l'exercice soit interrompu. Réconforté, il fond en larmes, visiblement très choqué.

"Merci"
Il expliquera ensuite que la brûlure ressentie est insupportable. "C'était comme s'il y avait quelque chose qui passait dans mon cerveau et repartait par la gorge, je ne pouvais vraiment plus endurer cela", articule-t-il difficilement après avoir remercié l'équipe de l'avoir sensibilisé à cette méthode car il ne savait pas à quoi s'attendre exactement.

Des conditions réelles plus rudes
Si le rappeur n'a tenu que quelques minutes, l'ONG précise que les détenus en grève de la faim y sont quant à eux tenus deux fois par jour et ce pendant deux heures à chaque fois.

Attention, les images ci-dessous sont de nature à choquer les personnes sensibles.