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Municipales en France: vers une abstention record

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Le premier tour des élections municipales devrait enregistrer dimanche un taux d'abstention record d'environ 35%, selon les estimations de trois instituts de sondages.

Selon l'Ifop-SAS pour i>TELE et CSA pour BFMTV et Ricoh, la participation s'élèverait à l'issue du scrutin à 65,0% des incrits, soit un taux d'abstention de 35%. Harris Interactive pour M6 estime de son côté la participation à 64,9%, soit 35,1% d'abstention.

Lors des précédentes élections municipales, en 2008, l'abstention avait déjà atteint un record historique, avec une participation de 66,54% au premier tour et de 65,20% au second tour. En 2001, cette participation avait été de 67,38% au premier tour, et de 66,05% au second tour. Depuis 1988, tous les scrutins, excepté la présidentielle, ont vu l'abstention progresser.

La participation enregistrée dans l'hexagone à 12H00 était sensiblement la même qu'en 2008, à 23,16% contre 23%, mais au fil de la journée, elle s'est légèrement étiolée. Restaient toutefois les dernières heures de vote pour confirmer ou infirmer cette tendance, la fermeture des bureaux intervenant à 18H00, 19H00 ou 20H00 selon les communes.

Sur l'Ile-de-France, la participation était en hausse à Paris à 39,57% contre 38,40%, dans les Hauts-de-Seine à 44,76% contre 42,12% il y a six ans, et dans le Val-d'Oise (42,51% contre 40,18%), mais en légère baisse dans les Yvelines à 38,76% soit deux points de moins qu'en 2008 (40,76%). En région Paca, 59,53% des inscrits s'étaient déplacés à 17H00, contre 58,27% en 2008, mais à Marseille la participation affichait une baisse de quatre points (à 41,22% contre 45,09%). A l'inverse le département du Nord connaissait un recul de l'abstention (56,34% de participation à 17H00 contre 51,09% en 2008).

A Lyon, Gérard Collomb (PS), qui brigue un 3e mandat, part nettement favori. Il n'y a pas plus de suspense à Bordeaux, où Alain Juppé (UMP), qui a voté vers 15H00, devrait être facilement réélu. En Midi-Pyrénées, la faible mobilisation en Haute-Garonne était compensée par des bonds de participation dans les zones rurales du Gers et de l'Ariège.

Très détendu, le président François Hollande a voté vers 11H00 à Tulle, ville dont il fut maire de 2001 à 2008, où il a pris le temps de distribuer poignées de mains et embrassades. Accueilli par des dizaines de partisans au cri de "Nicolas, Nicolas!", l'ex-président Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse, Carla Bruni, ont voté à 13H00 dans un lycée parisien.

A Nantes, Jean-Marc Ayrault a déclaré "avoir fait son devoir, comme tous les Français". A Lille, Martine Aubry (PS), en lice pour un 3e mandat, affirmait attendre l'issue du scrutin "avec beaucoup de sérénité".

Son successeur à la tête du PS Harlem Désir a voté dans la matinée à Paris, tout comme Pierre Laurent (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (PG). - 62 communes sans candidat - A Toulouse, le maire sortant Pierre Cohen (PS) a échangé une poignée de mains très froide avec son challenger UMP Jean-Luc Moudenc quand ce dernier s'est présenté dans son bureau de vote alors qu'il vote ailleurs.

La participation constitue l'inconnue majeure du scrutin, sur fond de crise économique et de discrédit des politiques alimenté par les affaires. "Beaucoup de Français, profondément déçus de la politique qui a été conduite par M. Hollande depuis deux ans, marqueront certainement leur désapprobation en n'allant pas voter", a estimé le président de l'UMP, Jean-François Copé, qui a voté à Meaux.

La plupart des études d'opinion ont toutefois montré que les électeurs choisiraient majoritairement leur maire en fonction d'enjeux locaux : impôts, sécurité, voirie, emploi... Ainsi, pour Denis et Françoise Boulanger, 55 ans tous les deux, venus voter en famille à Caudéran, un quartier bourgeois de Bordeaux, les municipales "c'est la politique de base, de terrain, le premier degré de la politique, là où les résultats sont les plus palpables".

Autre inconnue : les scores du Front national. Le parti de Marine Le Pen, qui présente 597 listes, espère faire élire plus de 1.000 conseillers municipaux et conquérir dix à quinze communes, dont Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Saint-Gilles (Gard), voire Fréjus (Var). Il pourrait imposer des triangulaires au second tour (10% des suffrages exprimés au premier permettent un maintien) dans "150 à 200 villes", selon Bernard Sananès, de l'institut CSA, avec pour effet de limiter le nombre des reconquêtes visées par l'UMP.

Même si cette année le premier parti d'opposition est frappé par les affaires et englué dans ses querelles de leadership, il reste que les municipales sont souvent défavorables au pouvoir en place. En 2008, la gauche avait ravi à la droite une quarantaine de villes de plus de 30.000 habitants, dont Toulouse et Strasbourg, qui pourraient rebasculer. Le PS est aussi menacé de perdre Reims, Saint-Etienne, Angers ou Amiens.

Paris sera cette année sous les projecteurs, avec le duel entre Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS), qui se disputent la succession de Bertrand Delanoë. Les deux têtes de liste ont d'ailleurs été parmi les première à voter.

Même empressement à Marseille, où le socialiste, Patrick Mennucci, venu voter avec dans les bras son fils de 18 mois, tente de déloger Jean-Claude Gaudin, le maire sortant UMP, en lice pour un 4e mandat. A Pau, autre point d'intérêt, François Bayrou (MoDem) part favori pour ravir la ville au PS qui la gère depuis 1971.

Loin de ces luttes de pouvoir, 62 des quelque 36.700 communes du pays sont privées de premier tour, faute de candidats. Nouveauté cette année: l'obligation de listes strictement paritaires dans les communes d'au moins 1.000 habitants (contre 3.500 habitants jusqu'alors) qui débouchera sur une meilleure représentation des femmes dans les conseils municipaux à l'issue du second tour le 30 mars. Enfin, les électeurs des communes de plus de 1.000 habitants désignent aussi leurs représentants dans les intercommunalités, qui détiennent maintenant l'essentiel du pouvoir au plan local.