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Montage photo réalisé le 21 avril 2011 de la famille Dupont de Ligonnès, disparue depuis début avril. De gauche à droite et de haut en bas, Xavier, Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît Dupont de Ligonnès. © afp

Nantes: les Dupont de Ligonnès, une famille sans histoire

Les témoignages recueillis par ouest-France auprès de l'entourage de la famille Dupont de Ligonnès dégagent un sentiment d'effroi et de stupeur. Tout le monde s'accorde sur la discrétion de cette famille nombreuse, qui habitait ce quartier bourgeois du nord de Nantes depuis cinq ou six ans.

La famille recomposée par Xavier Dupont de Ligonnès, commercial (certaines sources le disent chef d'entreprise, ndlr) de 50 ans, et Agnès, 49 ans et surveillante dans un établissement scolaire, se composait de trois garçons (Arthur, Thomas, Benoît) et d'une fille (Anne), âgés respectivement de 20 ans, 18 ans, 14 ans et 17 ans.

Hyperactif et hyper discret
Tous étaient scolarisés dans un lycée privé à quelques minutes à pied de leur domicile. Arthur, né d'une première union, avait intégré l'internat après des problèmes d'hyperactivité. Décrit comme perturbé, il aurait mal supporté la recomposition familiale et l'autorité de sa belle mère. Thomas, 18 ans et étudiant en musicologie à Angers, est qualifié "d'hyper discret" par une camarade de classe qui avoue "ne pas se rappeler avoir entendu le son de sa voix" tandis que pour l'un de ses professeurs, il incarnait l'élève "assidu et bon musicien".

Famille pratiquante
Agnès, sa mère, semblait bien connue de la communauté paroissiale locale. "C'est une famille qu'on associe au catéchèse" confirme Louise au quotidien "C'était quelqu'un de très bien, je la croisais souvent à l'Eglise", confesse cet autre paroissien. "Benoît (le plus jeune) était le meilleur ami de ma fille. On se posait pas mal de questions sur leur disparition brutale (survenue début avril). Personne n'a rien vu venir. Du jour au lendemain, on ne les a plus vus. Une disparition d'après ma fille, elle-même surprise, que de nombreux élèves de l'école évoquaient", ajoute-t-il. 

"Pétage de câble"
D'ailleurs, depuis début avril, les comptes Facebook des enfants sont restés muets. Seuls quelques mots de soutien sont venus alimenter le mur du profil de l'un d'eux. "Ca donne vraiment l'impression d'un pétage de câbles des parents", estime cet autre lycéen. Xavier Dupont de Ligonnès, de son côté, fréquentait le café du coin. "Il venait quelquefois, il était sympa, dit un habitué. Sa femme ? On la voyait de loin. Ils habitaient là depuis cinq ou six ans". Des témoignages qui confortent l'idée que les Dupont de Ligonnès formaient une famille ordinaire dont la dernière trace de vie restera cette affiche placardée sur la porte de leur maison "Courriers à retourner à leurs expéditeurs. Merci." Peut-être, qu'un jour, le père pourra aider l'entourage à comprendre?(LS)

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