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“Notre maison brûle”, a lancé Emmanuel Macron © AFP

“Notre maison brûle”: Macron parle d’urgence en Amazonie, Bolsonaro le taxe de colonialisme

mise à jourLe président français Emmanuel Macron a estimé jeudi soir que les incendies en cours en Amazonie constituaient une "crise internationale" et donné rendez-vous aux membres du G7 pour "parler de cette urgence" lors du sommet à Biarritz ce week-end.

"Notre maison brûle. Littéralement. L'Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C'est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence", a écrit le chef de l'État sur Twitter, en référence notamment à la phrase prononcée en 2002 par son prédécesseur Jacques Chirac: "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".

Bolsonaro dénonce le “sensationnalisme” de Macron

Le président brésilien Jair Bolsonaro a accusé jeudi son homologue français d’avoir “une mentalité colonialiste”, après que ce dernier a donné rendez-vous aux membres du G7 pour “parler de l’urgence” des feux en Amazonie lors de leur sommet à Biarritz ce week-end.

Dans deux tweets successifs, M. Bolsonaro a accusé M. Macron d’”instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens” avec “un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème”.

Le chef de l’ONU “profondément préoccupé”

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit jeudi sur Twitter “profondément préoccupé” par les incendies en Amazonie, après la dénonciation par le président brésilien Jair Bolsonaro d’une “psychose environnementale” au sujet de ces feux.

“En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité”, a ajouté Antonio Guterres, en réclamant que l’Amazonie soit “protégée”.

Le mouvement de Greta Thunberg appelle à manifester

Le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, “Fridays for Future”, a appelé à manifester vendredi devant les ambassades et consulats du Brésil à travers le monde pour dénoncer les incendies en Amazonie.

“En ce moment même, des incendies -qui se propagent très rapidement- sont en train de détruire la forêt amazonienne à un rythme alarmant. Notre maison est littéralement en train de brûler et les poumons de notre planète de se transformer en cendres”, écrit le mouvement dans un communiqué. “Depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, les feux de forêt se sont multipliés, alimentés par la sécheresse mais aussi par la politique environnementale épouvantable du gouvernement brésilien, qui ne voit l’Amazonie que comme une vache à lait”, poursuit le texte.

Sous le mot d’ordre “SOS Amazonie”, Fridays for Future (soit Les vendredis pour l’avenir) et ses antennes locales appellent à manifester devant les ambassades et consulats du Brésil à travers la planète à différentes heures, tout au long de la journée. L’appel a été relayé localement par différentes ONG. Des manifestations sont également prévues à Rio de Janeiro et à Sao Paulo.

“Nous voulons un gouvernement qui reconnaisse l’importance de la nature et qui s’engage à protéger nos principales richesses naturelles. Un gouvernement qui exerce un contrôle strict sur les entreprises faisant une mauvaise utilisation de nos ressources naturelles et qui accorde la priorité à la défense des droits des peuples indigènes”, déclare Daniela Borges, de Fridays For Future au Brésil, citée dans le communiqué.

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Image de la déforestation et des feux dans l'État de Rondonia, au Brésil © AP
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Images de la NASA: vue satellite des feux en Bolivie © NASA/NOAA via REUTERS