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Obama veut diminuer l'impôt sur les sociétés

L'administration de Barack Obama a proposé mercredi de réformer l'impôt sur les sociétés, une façon pour le président démocrate de se présenter en champion de la compétitivité et de la justice sociale face aux républicains à moins de neuf mois de la présidentielle.

Point clé de la campagne
Déclinant une proposition de M. Obama déjà évoquée il y a plus d'un an et remise sur la table lors de son discours sur l'état de l'Union le 24 janvier, l'exécutif a proposé d'abaisser le taux maximal de l'impôt sur les sociétés à 28% et de rendre cette mesure neutre pour le budget des Etats-Unis en mettant fin parallèlement à des "dizaines" de niches fiscales.

Le gouvernement veut abaisser le taux marginal de l'impôt sur les sociétés de sept points par rapport à son niveau actuel (35%). Le taux maximal se retrouverait ainsi à "un niveau conforme à celui des principaux pays concurrents" des Etats-Unis et encouragerait "davantage l'investissement", selon le Trésor. En contrepartie de cet abaissement, M. Obama souhaite "éliminer des dizaines de privilèges fiscaux variés" et réformer "fondamentalement [...] l'assiette de l'impôt pour réduire les distorsions qui entravent la productivité et la croissance".

M. Obama, qui espère être reconduit pour quatre années à la tête des Etats-Unis le 6 novembre, a fait du rééquilibrage de la fiscalité, pour les contribuables et les entreprises, l'un de ses arguments de campagne contre ses adversaires républicains, au nom de la défense de la classe moyenne. "Notre système d'impôt sur les sociétés est dépassé, injuste et inefficace. Il donne des cadeaux fiscaux à ceux qui délocalisent les emplois et les bénéfices à l'étranger, et frappe les entreprises ayant choisi de rester aux Etats-Unis de l'un des taux d'imposition les plus élevés du monde", a affirmé M. Obama dans un communiqué. "Ce n'est pas juste, et il faut que cela change", a-t-il ajouté.

Taxer les plus gros revenus
Le document du gouvernement doit servir de base à des discussions en vue du dépôt de projets de lois au Congrès. "C'est un processus qui prendra du temps", a déclaré le secrétaire au Trésor, Timothy Geithnere, indiquant qu'il espérait rencontrer les chefs de commissions concernées "la semaine prochaine".

L'annonce intervient quelques heures avant un débat entre les quatre candidats restant en lice pour la primaire du parti républicain, à Phoenix (Arizona, sud-ouest). Le même jour, le comité de campagne de M. Obama s'en est pris au candidat Mitt Romney, estimant dans un communiqué que son propre projet budgétaire, qui prévoit de réduire l'impôt sur les sociétés à 25% et sur les individus à 28% "ne tient pas la route".

Le président sortant souhaite assujettir au minimum à 30% les Américains aux revenus annuels supérieurs à un million de dollars. Sans surprise, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et dotés d'une minorité de blocage au Sénat, ont réagi avec méfiance sinon hostilité à l'annonce de l'exécutif, de mauvais augure pour le passage d'une telle réforme en cette année électorale. Ce"'cadre' pour la 'réforme' de l'impôt sur les sociétés ne se concentre pas sur la protection des emplois, des PME et de la classe moyenne", a dénoncé Don Stewart, porte-parole du chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell.

De son côté, le président de la commission de la Chambre chargée des affaires fiscales et financières s'est dit "satisfait" de la volonté de réforme de M. Obama, mais a regretté que l'exécutif n'ait pas opté pour une "réforme complète du code des impôts", nécessaire selon lui pour répondre aux besoins des PME "si nous voulons vraiment relancer notre économie".

(afp/acx)