Plein écran
© photo_news

Paris s'attend à une mobilisation "plus forte et plus radicale" des gilets jaunes

VideoA la veille de l'acte 9 des "gilets jaunes" samedi, les autorités s'attendent à une mobilisation "plus forte" que la semaine précédente à Paris et à "plus de radicalité", a indiqué vendredi le préfet de police de Paris Michel Delpuech.

"Nous pensons que la mobilisation sera plus forte que samedi dernier d'une part et que le comportement au sein des groupes qui seront présents sera marqué par plus de radicalité, plus de tentations de violences", a-t-il déclaré sur CNews.

Des vidéos inquiètent les pouvoirs publics
Les forces de l'ordre ont montré leur inquiétude face à des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, en particulier celle d'un gitan (voir ci-dessous) qui menace le président Macron: "Nous aussi on est gilets jaunes mais jusqu'à maintenant on s'est fait tout petits. Nous on ne sait pas faire dans la manifestation pacifique. Le gitan que tu as mis en prison, il en a marre comme nous", explique-t-il, en référence au boxeur Christophe Dettinger, placé en détention préventive. 

"Je vais te dire une chose, poursuit-il. Vendredi, si le gitan de Massy [Christophe Dettinger, ndlr] il est pas dehors, samedi tu vas avoir affaire à nous. Spécialement tes CRS et tes policiers. On va aller les chercher et ensuite c'est toi qu'on viendra chercher".

Un acte VIII marqué par les violences
Le 5 janvier, la contestation sociale des "gilets jaunes" avait rebondi après une baisse de la mobilisation pendant les fêtes: 50.000 manifestants avaient été recensés par les autorités, dont 3.500 à Paris. L'acte VIII à Paris a aussi été marqué par les violences, entre l'intrusion de manifestants dans le ministère de Benjamin Griveaux avec un engin de chantier et les images de l'ex-boxeur Christophe Dettinger frappant des gendarmes.

Les "lieux de pouvoir" pris pour cible
"Nous observons semaine après semaine une dérive vers des comportements de plus en plus violents", qui sont le fait de "petits groupes", a commenté M. Delpuech. Ils ciblent, selon lui, "d'abord les lieux de pouvoir". Le préfet a confirmé le dispositif de sécurité exceptionnel prévu samedi, qui va retrouver son niveau de la mi-décembre.

La police se prépare à "réagir très vite"
Sur les 80.000 policiers et gendarmes mobilisés annoncés dans toute la France, "5.000" seront à Paris avec "14 véhicules blindés sur roues de la gendarmerie". Face à l'imprévisibilité des participants, qui comme chaque samedi depuis deux mois n'ont pas déclaré de parcours pour leur manifestation, l'objectif des forces de l'ordre reste "de quadriller, être mobile, être réactif, interpeller très vite dès que des dérapages se produisent", a détaillé le préfet. Pour cela, des "détachements d'intervention rapide", notamment composés de fonctionnaires des brigades anti-criminalité (BAC), doivent sillonner la capitale.

"Contrôles en amont"
Policiers et gendarmes ont pour consigne de procéder à des "contrôles en amont", pour "identifier les personnes qui viennent en portant dans leur sac des armes par destination", mais aussi "les objets de protection qui marquent une volonté offensive", comme les "gants à coques", a détaillé M. Delpuech. Concernant les engins de chantier, le préfet a expliqué avoir donné des consignes pour limiter leur présence sur la voie publique lors d'une réunion avec la mairie de Paris jeudi.

Les manifestants prévoient aussi une reprise des blocages et certains appellent à retirer leur argent des banques, sans susciter l'inquiétude du secteur. 

Du côté de l'exécutif et de la majorité, la gestion sécuritaire de cet acte 9 sera cruciale avant l'ouverture du grand débat, promis par l'exécutif pour faire émerger des revendications.