"Paris soulève-toi": des tensions éclatent entre gilets jaunes et policiers à Paris

VideoAlors que les "gilets jaunes" ont à nouveau pris la rue samedi pour la 12e fois, notamment pour dénoncer les violences policières, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à la fin du cortège, annonce France Info. Le ministère de l'Intérieur a dressé un ultime bilan de la journée de protestation, portant à 58.600 le nombre de participants à travers la France ce samedi.

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Le cortège de gilets jaunes est arrivé en milieu d'après-midi place de la République à Paris et la tension était palpable entre manifestations et autorités. Des trottinettes et une poubelle ont été incendiées, des grenades lacrymogènes utilisées, a constaté France info.

58.600 personnes, vraiment?
On dénombrait quelque 14.000 manifestants à Paris mais le mouvement est comme toujours très suivi partout en France avec un total de "58.600 participants" selon un dernier bilan du ministère français de l'Intérieur en début de soirée. Un chiffre en deçà du taux de participation de la semaine dernière - 69.000 personnes à travers le pays - même si les chiffres de l'Intérieur sont régulièrement contestés par les gilets jaunes qui l'accusent de minorer la mobilisation.

Armes saisies
À Valence ce matin, la police a anticipé des heurts en interpellant 18 personnes. Certaines sont désormais en garde à vue. Elles détenaient des armes comme des battes de baseball, cutters, haches et autres outils ainsi que des masques à gaz, a déclaré la police locale.

Solidarité avec les éborgnés
Dans la foule, quelques manifestants portaient un faux bandage à l'oeil en solidarité avec les blessés. "C'est intolérable, inacceptable. Ce sont des blessures qui mutilent, qui détruisent des vies alors que nous ne sommes des pacifistes", a affirmé Antonio, un des organisateurs de la marche et lui-même blessé par une grenade assourdissante.

Devenu l'emblème des manifestants blessés, le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues, gravement touché à l'oeil droit samedi dernier, a été acclamé à chacune de ses apparitions. "Jérôme courage. Jérôme on t'aime. Jérôme on est avec toi", ont scandé des manifestants. D'autres figures du mouvement, notamment Eric Drouet et Maxime Nicolle, ont également participé à la marche.

Selon le collectif militant "Désarmons-les", 20 personnes ont été gravement blessées à l'oeil - la plupart éborgnées - depuis le 17 novembre, date du début du mouvement. La police des polices a été saisie de 116 enquêtes selon une source policière, portant pour dix d'entre elles sur de graves blessures aux yeux. 

Saisi en urgence, le Conseil d'Etat - la plus haute juridiction administrative française - a toutefois estimé vendredi que le risque de violences dans le manifestations rendait "nécessaire de permettre aux forces de l'ordre de recourir" aux LBD, une décision jugée "incompréhensible" par des "gilets jaunes".

Face à la controverse, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a reconnu vendredi que cette arme dite intermédiaire pouvait "blesser" et a promis de sanctionner "les abus". Mais il en a défendu l'utilisation "pour faire face aux émeutiers".

"Macron président flashball"

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Jean-Luc Mélenchon a déploré samedi à Marseille que "la force publique (ait) été utilisée seulement pour affronter les manifestations" de "gilets jaunes", qualifiant Emmanuel Macron de "président flashball". 

Le leader de La France insoumise a annoncé qu'il se rendrait mercredi à l'Elysée pour rencontrer le président de la République. "Ils m'ont convoqué mercredi. Je ne sais pas pourquoi mais quel que soit le sujet, c'est certain que j'aurai quelque chose à lui dire", a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse.

"Qu'est ce que c'est que d'aller à une manif avec un oeil de moins, dans quel pays voit-on ça", a lancé M. Mélenchon, avant de rejoindre une manifestation contre l'habitat indigne à Marseille. "1.800 blessés chez les gilets jaunes et un millier de policiers blessés, et cet homme, M. Castaner, n'a rien à dire, pas le moindre mot de regret", s'est-il exclamé, évoquant le ministre de l'Intérieur. "En tant que Marsellais je remarque aussi que le président a nié purement la mort de Mme Redouane", a-t-il dit.

Une octogénaire, Zine Redouane, est décédée début décembre à Marseille à l'hôpital après avoir été blessée, la veille alors qu'elle fermait les volets de son appartement, par des éléments d'une grenade lacrymogène, tirée pendant des heurts en marge d'une manifestation de "gilets jaunes". L'acte 12 des "gilets jaunes", selon Jean-Luc Mélenchon, "c'est un rappel à l'ordre humain car le fossé se creuse entre celui qui dirige et le commun des mortels".

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