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Patrick Balkany. © AFP

Patrick Balkany n’a “plus un rond”? Un “Balkanython” lancé pour payer sa caution de 500.000 euros

Pour la deuxième fois en quinze jours, Patrick Balkany est venu mardi demander sa mise en liberté devant la cour d’appel de Paris, après sa condamnation pour fraude fiscale ainsi que blanchiment aggravé. S’il veut sortir de prison, l’ancien maire de Levallois-Perret doit régler sa caution fixée, par le tribunal, à 500.000 euros. Trois habitants de sa ville ont donc décidé de se mobiliser en créant une association pour celui qui prétend “ne plus avoir un rond”.

Ce mardi, dans la soirée, Isabelle Balkany a annoncé sur BFMTV que des habitants de Levallois-Perret voulaient venir en aide à son mari, Patrick Balkany. “Il se trouve que des habitants de Levallois, connaissant notre situation, ont spontanément lancé des cagnottes dans tous les sens”, explique-t-elle. “Je leur ai demandé d’arrêter, car j’ai eu peur qu’on ne sache pas où iraient les fonds, ou qu’ils se fassent gruger par des inconnus”, a-t-elle ajouté. “Nous attendons le récépissé” autorisant la création et qui permettra “d’ouvrir un compte en banque et pouvoir donner ses coordonnées aux donateurs”, a-t-elle conclu.

En effet, comme l’indique BFMTV, trois habitants ont bien déposé ce lundi les statuts d’une association au nom d’Association de soutien à Patrick Balkany (ASPB) à la préfecture des Hauts-de-Seine. Le but est de rassembler tous les dons sur un seul et même compte bancaire pour permettre de régler sa caution fixée à 500.000 euros, qui fait partie des conditions de son éventuelle sortie de prison. 

Décision le 13 novembre

Le maire LR de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), détenu à la prison parisienne de la Santé depuis le 13 septembre, sera fixé mercredi prochain sur sa demande. Il est apparu la mine chiffonnée dans le box des prévenus, semblant flotter dans sa chemise grise. “Bien entendu, je me tiens à la disposition de la justice pour le procès en appel”, a-t-il assuré au président, ajoutant qu’il souffrait “beaucoup” et ne souhaitait qu’une chose : sortir de prison pour être auprès de son épouse et première adjointe, Isabelle.

La cour d’appel avait considéré “fondée” la demande de l’élu et ordonné son placement sous contrôle judiciaire, avec plusieurs obligations : ne pas sortir du territoire, ne pas se rendre à Paris et plusieurs départements alentours - dont son département des Hauts-de-Seine -, mais aussi fixer sa résidence à Giverny (Eure), pointer une fois par semaine à la gendarmerie, remettre son passeport. Ceci “sous réserve” du paiement du cautionnement de 500.000 euros.

“500.000 euros à trouver, c’est très difficile”

“De toutes façons, Giverny c’est ma résidence habituelle”, commente Patrick Balkany, haussant les épaules. Et le passeport?”Je l’ai retrouvé dans le dossier, mais il est périmé depuis juin 2019", relève le président François Reygrobellet. “Ben ça ne m’étonne pas”, rétorque l’élu.

L’avocat de Patrick Balkany s’est emporté contre le traitement “absolument exceptionnel” réservé à son client. “Il n’a aucune raison de fuir. Qu’est-ce qu’il va faire ? Partir en cavale tout seul à 71 ans, pendant que Mme Balkany reste tranquillement à la maison ?”, a grondé Me Eric Dupond-Moretti, plaidant pour une “justice apaisée” en appel, avec “des peines normales”.

Reprenant la parole après son conseil, Patrick Balkany a renchéri: “500.000 euros à trouver, c’est très difficile”, a-t-il dit, égrenant l’ensemble des biens et avoirs familiaux saisis. “Je crains que malgré la brillante plaidoirie de mon avocat, je sois obligé de rester au trou, car je ne vois pas comment réunir cet argent”. Compte tenu des conditions “sévères” de son contrôle judiciaire, Me Dupond-Moretti a donc plaidé pour une “libération sèche”.