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Piotr Pavlenski © AFP

Piotr Pavlenski avertit le monde politique: “Nous allons continuer”

À l’origine de la publication de deux vidéos à caractère sexuel qui ont provoqué la chute de Benjamin Griveaux, l’artiste contestataire russe Piotr Pavlenski ne compte pas s’arrêter là: “Notre objectif a été atteint et nous allons continuer”, a-t-il confié lors d’un entretien accordé à LCI. 

Séisme dans le monde politique français ce vendredi. Ex-porte-parole du gouvernement et candidat de La République en marche (LREM) à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux a annoncé son retrait de l’élection municipale suite à la diffusion de deux vidéos intimes sur les réseaux sociaux. Une démarche totalement assumée par l’artiste responsable de ces divulgations. Piotr Pavlenski a détaillé la nature de son combat “politique” au site d’information LCI

“Mon objectif est de dénoncer le puritanisme en politique et l’hypocrisie des responsables. Aujourd’hui cet objectif est atteint. Pour moi, Benjamin Griveaux est hypocrite. Il utilise en permanence sa famille, sa femme, ses enfants pour son image publique alors qu’il fait tout le contraire”, dénonce-t-il.

“Nous allons continuer”

Piotr Pavlenski, artiste militant, justifie son geste par l’incohérence du comportement politique, ce contraste entre les valeurs prônées dans le discours et trahies dans l’intimité. Il avertit déjà que sa mission de dénonciation “ne fait que commencer”: 

“Benjamin Griveaux a été le premier participant. Mais l’activité de mon site ne fait que commencer. Les responsables politiques doivent être honnêtes. Ils doivent être clairs vis-à-vis de leurs électeurs. Notre objectif a été atteint avec Benjamin Griveaux et nous allons continuer.”

Contre la peopolisation de la politique

Interrogé par BFMTV (voir vidéo ci-dessous), l’avocat Juan Branco, activiste proche des Gilets Jaunes, défend sa cause: “Face à quelqu’un qui utilise son intimité et sa vie privée pour se faire élire, via Closer, Gala et Mimi Marchand (NDLR: la patronne de l’agence de paparazzis Bestimage qui avait propulsé Benjamin Griveaux en Une de Paris Match), il a voulu dénoncer l’hypocrisie et les abus d’un pouvoir de façon plus générale”, commente-t-il. 

Questionné sur la dérive de ce geste radical, il juge ce “renversement intéressant”: “Est-ce que ce n’est pas une dérive de montrer son sexe à des jeunes filles alors qu’on est marié et qu’on clame partout dans les médias, publiquement, qu’on est très attaché aux valeurs de fidélité pour se faire élire? Est-ce que la dérive ne commence pas dès le moment que l’homme politique essaie d’utiliser son intimité pour s’attirer des suffrages?” 

Dans le Point, Juan Branco précise que Piotr Pavlenski ne s’attaque qu’aux “personnes qui font le jeu de peopolisation”. 

Condamnation quasi unanime

Les réactions et les marques de soutien à Benjamin Griveaux n’ont pas tardé. La sphère politique française condamne, dans un élan quasi unanime, l’action radicale de l’artiste russe.  

La porte-parole du gouvernement Sibeth NDiaye a dénoncé une “ignominie” et, comme la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne une campagne “de boules puantes”. Le Premier ministre Edouard Philippe a lui exprimé sa “sympathie” à Benjamin Griveaux, en indiquant respecter sa décision “difficile”. Son collègue de l’Intérieur Christophe Castaner a souligné que cette diffusion illégale devait “évidemment être poursuivie” devant les tribunaux, précisant que ces faits pouvaient être sanctionnés par “une peine d’amende importante” et jusqu’à “deux ans d’emprisonnement”.

“La publication d’images intimes pour détruire un adversaire est odieuse. Refusons le naufrage voyeuriste de la vie publique du pays. Non, tous les coups ne sont pas permis”, a quant à lui lancé le patron de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon.

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