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Pour entrer aux USA, il faudra renseigner votre compte Facebook

Pour obtenir le document ESTA (Electronic System for Travel Authorization), précieux sésame qui doit être obtenu afin d'être autorisé à entrer sur le sol américain, les voyageurs sont désormais invités à indiquer leurs comptes sur les réseaux sociaux.

D'après Politico, la mesure qui était envisagée par le gouvernement américain depuis cet été est désormais effective. Son objectif? Identifier d'éventuelles menaces terroristes. Elle est donc entrée en vigueur ce mardi 20 décembre et ce en dépit de l'opposition de géants d'internet et de défenseurs de la vie privée.

Sur le site qui permet de remplir le document ESTA, les voyageurs de 38 pays exemptés de visa pour entrer aux USA sont invités via un menu déroulant à lister leurs comptes sur Facebook, Twitter, YouTube, Instagram ou LinkedIn, entres autres propositions.

Facultatif mais...
Pour l'instant, ces indications sont facultatives, comme le stipule le formulaire. Toutefois, étant donné la rigueur des douanes américaines, il n'est pas absurde d'imaginer qu'en cas de doute de la part des Etats-Unis, cette absence d'informations puisse constituer un motif de refus d'entrée sur le territoire américain, d'autant que le pays de l'Oncel Sam n'est pas tenu de motiver ce refus.

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Face à cette mesure intrusive, des associations sont montées au créneau pour la dénoncer. C'est notamment le cas de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU): "Il existe très peu de règles sur la manière dont ces informations sont collectées, gardées et distribuées à d'autres agences et il n'existe aucune lignes directrices afin de limiter l'usage de ces informations par le gouvernement", fait remarquer Michael W. Macleod-Ball de l'ACLU, interrogé par Politico.

Même son de cloche du côté de The Internet Association qui représente notamment Facebook, Google et Twitte, qui s'était opposé à la mesure dès l'été dernier et qui est à présent furieuse de ne pas avoir été écoutée par l'administration Obama.

Naïf
Notons encore que si l'objectif de cibler des menaces potentielles est compréhensible, il apparaît tout de même naîf. On imagine mal un sympathisant de l'EI renseigner les comptes qui le lieraient à l'organisation terroriste.