Le Premier ministre portugais Antonio Costa passe en revue les unités de soins d'urgence ce 30 mars, alors que le pays est loin du drame qui se joue chez son voisin espagnol
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Le Premier ministre portugais Antonio Costa passe en revue les unités de soins d'urgence ce 30 mars, alors que le pays est loin du drame qui se joue chez son voisin espagnol © AFP

Pourquoi le Portugal est-il à ce point moins touché que son voisin espagnol?

Alors que l’Espagne croule sans un bilan effroyable, le Portugal semble mystérieusement épargné. Mais certains éléments très tangibles expliquent en réalité ce phénomène. 

Un concours de circonstances et plusieurs réactions en cascade semblent avoir mis le Portugal plus à l’abri - pour l'instant - face à la pandémie de Covid-19 tandis que l’Espagne et l’Italie sont elles frappés de plein fouet. France Inter a dressé quelques causes qui expliquent sans doute pourquoi le Portugal enregistre pour l’instant un “léger” bilan de 119 morts, soit un taux par habitant onze fois moindre qu’en Espagne (7.340 morts).

On peut d’emblée établir que le Portugal a eu les bons réflexes assez tôt, notamment avec ses frontières avec l’Espagne fermées très rapidement en regard du peu de cas recensés sur son sol. Frontières uniques d’ailleurs, ce qui lui a permis de se retrancher plus vite et plus facilement aussi. 

Puis, les Portugais ont anticipé les mesures prises par leur gouvernement. Alors que ce dernier a prononcé le confinement en même temps que la France (qui était, elle, déjà massivement touchée par le virus), les habitants portugais avaient déjà instinctivement anticipé les mesures d’isolement: les écoles étaient déjà désertées, les commerces avaient souvent déjà gardé portes closes, beaucoup s’étaient retirés chez eux à la campagne et avaient cessé de se voir. Même chose dans les grandes villes, contrairement à ce qu'on a pu voir à Paris ou à Londres. L’état d’urgence prononcé par Lisbonne est donc tombé comme un entérinement de mesures déjà prises par la population. Le Premier portugais, Antonio Costa, parle d’autodiscipline, on peut en tout cas parler de fort réflexe de protection. 

Cette prudence spontanée, le Portugal peut surtout s’en targuer parce qu’il a eu le temps d’assister au drame vécu par ses voisins. Un peu comme la Belgique s’est organisée à la hâte devant la panique française, d’ailleurs. L’Italie et l’Espagne ont elles réalisé trop tard l’ampleur du drame, l’Espagne payant en sus le prix de ses luttes intestines, tandis que la coalition de gauche portugaise est la même depuis 2015 et n’a, elle, pas rogné son budget de soins de santé ces dernières années malgré la dette du pays. Ironique, quand on sait que des États membres aux reins plus solides comme les Pays-Bas viennent de critiquer le manque de marge budgétaire du Portugal pour absorber la crise du Covid-19.

Dernier point relevé par le média français: le Portugal est intervenu rapidement en octroyant à tous les migrants sur son territoire à un accès à la santé similaire à celui de ses résidents et ce afin d’endiguer plus efficacement encore la propagation du virus.