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“Poutine veut être le dirigeant à vie du pays”

Le président russe Vladimir Poutine a déposé lundi au Parlement ses propositions d'amendements à la Constitution, moins d'une semaine après l'annonce surprise d'une réforme du système politique.

Ce projet de loi, publié sur le site internet de la chambre basse du Parlement russe, la Douma, propose une série de mesures, notamment l'une renforçant le rôle du Parlement dans la nomination du Premier ministre et une autre limitant les mandats présidentiels à deux, au lieu de deux successifs. Une autre de ces mesures est la création par le président d'un Conseil d'État qui sera chargé, selon le texte de loi, de "déterminer les principales orientations de la politique intérieure et extérieure de la Fédération de Russie".

Démission du gouvernement

Vladimir Poutine a pris tout le monde par surprise la semaine dernière lors de son adresse annuelle au Parlement en annonçant cette révision constitutionnelle, qui a provoqué la démission du Premier ministre Dmitri Medvedev et de son gouvernement. Cette réforme a relancé les conjectures sur son avenir politique après la fin de son mandat en 2024, au terme duquel il n'a pas le droit de se représenter en l'état actuel du droit. La réforme proposée lundi semble aussi exclure tout retour au Kremlin après une parenthèse dans d'autres fonctions, comme il l'avait fait en occupant les fonctions de Premier ministre de 2008 à 2012, après deux mandats présidentiels successifs.

Poutine, “dirigeant à vie”?

Si Vladimir Poutine n'a jamais évoqué directement son avenir au-delà de 2024 ni adoubé de successeur, les observateurs de la vie politique russe s'accordent pour dire qu'il cherchera à garder son influence. Certains l'imaginent en arbitre suprême, au-dessus de la mêlée politique avec un poste sur-mesure, comme l'a fait Noursoultan Nazarbaïev au Kazakhstan en devenant en 2019 une sorte de père de la Nation, laissant la présidence à un fidèle obéissant. “Poutine veut être le dirigeant à vie du pays", a accusé lundi Alexeï Navalny son principal opposant, dans un article sur les réseaux sociaux. "C'est une usurpation du pouvoir, voilà ce qui se passe et il faut la combattre", a-t-il ajouté. 

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Alexeï Navalny © REUTERS