Près de 4.000 morts en Iran

Les autorités iraniennes ont annoncé mercredi 121 décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus, ce qui porte à 3.993 morts le bilan officiel en Iran, pays de loin le plus touché par la pandémie de Covid-19 au Proche et au Moyen-Orient.

Le président iranien Hassan Rohani
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Le président iranien Hassan Rohani © VIA REUTERS

L'Iran a recensé 1.997 nouveaux cas de contamination ces dernières 24 heures, portant le total des cas confirmés à 64.586, a ajouté Kianouche Jahanpour, porte-parole du ministère de la Santé lors de son point de presse télévisé quotidien.

À l'étranger, certains soupçonnent les chiffres officiels iraniens d'être sous-estimés. 

3.956 patients dans un état critique

Selon M. Jahanpour, 3.956 patients étaient dans un état critique mercredi. Depuis le début de l'épidémie en Iran, 29.812 malades hospitalisés ont guéri, a encore dit M. Jahanpour, indiquant par ailleurs que le pays avait mené plus de 220.975 tests de la maladie Covid-19. Pour tenter de limiter la propagation du virus, les autorités n'ont pas imposé de confinement, mais demandent à la population de rester chez elle "autant que possible". D'autres restrictions ont été imposées, comme l'interdiction de déplacement entre les villes et la fermeture de la plupart des commerces jugés non essentiels.

“Deuxième vague" à affronter

Mercredi, le président Hassan Rohani a déclaré au cours d'un conseil des ministres qu'une "deuxième vague" dans la lutte contre le nouveau coronavirus devrait démarrer à partir de samedi et qu'elle serait plus dure que la première. M. Rohani a par ailleurs annoncé la réouverture de certains commerces "à bas risque" à partir du 11 avril, précisant vouloir "maintenir les activités économiques autant que possible tout en luttant contre le coronavirus". Cette annonce a été critiquée par certains experts et hauts responsables, mais M. Rohani a affirmé qu'il n'y avait "pas d'autre voie".

L’Iran exhorte le FMI à lui octroyer un prêt d’urgence

Le président iranien a également exhorté mercredi le Fonds monétaire international (FMI) à octroyer à son pays un prêt urgent de cinq milliards de dollars qu’il avait demandé pour lutter contre la pandémie. “J’exhorte toutes les organisations internationales à assumer leurs responsabilités”, a dit M. Rohani en conseil des ministres. “Nous sommes un membre du FMI (...). S’il devait y avoir discrimination entre l’Iran et d’autres pour l’octroi de crédits, ni nous ni l’opinion en général ne tolèrerait cela”, a-t-il encore dit dans des propos télévisés.

Économie iranienne aux abois

L’Iran avait annoncé le 12 mars en avoir appelé à la responsabilité du FMI, à qui, de manière très exceptionnelle, Téhéran dit avoir demandé de l’aide face au nouveau coronavirus. L’économie iranienne est aux abois depuis le rétablissement des sanctions américaines après le retrait unilatéral en 2018 de Washington de l’accord international sur le programme nucléaire de Téhéran conclu trois ans plus tôt. Et, l’administration Trump qui mène une campagne de “pression maximale” de Washington contre l’Iran, devrait vraisemblablement user du droit de veto des Etats-Unis au FMI pour bloquer l’octroi d’un crédit à Téhéran, arguant que la République islamique utiliserait les fonds à des fins militaires.

Téhéran n’a plus reçu d’aide du FMI depuis un crédit dont l’Iran a bénéficié entre 1960 et 1962, soit avant l’avènement de la République islamique en 1979, selon les données du Fonds.