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Notre-Dame de Paris. © EPA

“Qu'il ferme sa gueule”: un représentant de Macron recadre l'architecte de Notre-Dame de Paris

MISE À JOURLe représentant du président français Emmanuel Macron pour piloter la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée en avril par un incendie, s'en est pris vertement mercredi à l'architecte du monument, le priant de "fermer sa gueule".

L'architecte en chef de Notre-Dame, Philippe Villeneuve, s'était prononcé en juin pour une restauration à l'identique de la flèche édifiée par Eugène Viollet-le-Duc en 1859, qui s'était effondrée lors du spectaculaire incendie du 15 avril. Alors que M. Macron, au contraire, souhaite inscrire un "geste contemporain" sur l'édifice.

"Je suis dans la restauration de ce qui existe", avait expliqué Philippe Villeneuve mi-octobre sur la radio RTL. "Le futur c'est soit je restaure à l'identique, ça sera moi, soit on fait une flèche contemporaine et ça sera un autre", avait ajouté l'architecte qui s'occupe de la cathédrale depuis 2013.

Interrogé mercredi par une commission parlementaire, le général Jean-Louis Georgelin, un ancien chef d'État major des armées françaises missionné par le président pour diriger la reconstruction de la cathédrale, n'a pas caché son agacement face à la position de M. Villeneuve.

“La cathédrale est toujours en état de péril”

"Quant à l'architecte en chef, je lui ai déjà expliqué qu'il ferme sa gueule et que nous avancions en sagesse pour que nous puissions sereinement faire le meilleur choix pour Notre-Dame, pour Paris, pour le monde", a lancé le général, soulignant que la question de la flèche sera discutée début 2021.

Il a par ailleurs confirmé l'objectif de cinq ans de travaux fixé par le chef de l'État pour la restauration de la célèbre cathédrale gothique, dont la construction avait commencé au XIIe siècle.

"La cathédrale est toujours en état de péril”, a-t-il prévenu. "La phase de sécurisation de l'édifice n'est pas terminée. Elle ne sera terminée que quand l'ancien échafaudage de la flèche aura pu être démonté".

Avec l'arrivée de l'hiver, "nous ne sommes pas à l'abri d'un fort coup de vent qui pourrait déstabiliser cet échafaudage", a aussi souligné le général.

Des propos “pas acceptables” 

Le ministre de la Culture Franck Riester a jugé jeudi “pas acceptables” les propos du général Jean-Louis Georgelin. “Le respect est une valeur cardinale de notre société. En tant que responsables publics, nous devons être exemplaires”, a ajouté le ministre sur Twitter.