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Closeup of human hands typing on pc keyboard © Thinkstock

Quand les étudiants américains font faire leurs devoirs en Afrique ou en Inde

Au Kenya, en Inde et en Ukraine, de nombreux diplômés au chômage proposent désormais leurs services pour rédiger les devoirs, dissertations, essais et autres travaux académiques des paresseux étudiants universitaires américains, britanniques ou australiens. Un business juteux. 

Les entreprises de rédactions de devoirs fleurissent dans ces pays, relate le New York Times. Elles s’appellent AceMyHomework (“réussir mes devoirs”), Essay Shark (“génie de la dissertation”) ou encore Academized. Sur le site de ce dernier, une page de devoirs est par exemple facturée 15 dollars (13,5 euros) si elle est commandée à l’avance et près de trois fois plus s’il s’agit d’un travail de dernière minute. Selon le prestigieux quotidien new-yorkais, à l’origine de cette enquête, ce marché de la sous-traitance des devoirs représenterait plusieurs millions de travaux académiques. 

Tricherie difficile à déceler

L’activité n’est pas illégale mais l’université peut évidemment sanctionner l’étudiant qui solliciterait les services de ces sociétés. Pour le corps professoral, la démarche s’assimile en effet à du plagiat. Elle est néanmoins beaucoup plus difficile à déceler même si la contre-attaque s’organise déjà pour débusquer les imposteurs: le logiciel Authorship Investigate permet par exemple de déterminer si l’essai a bel et bien été rédigé par son auteur. Et si des services similaires existent aux États-Unis, la “main-d'œuvre” intellectuelle coûte évidemment moins cher au Kenya, en Inde ou en Ukraine. 

2.000 dollars par mois

Interviewée par le New York Times, une jeune Kényane raconte ainsi qu’elle peut gagner jusqu’à 2.000 dollars (1.800 euros) en tant que rédactrice de l’ombre. Elle propose une grande variété de sujets, de la colonisation de l’espace à l’euthanasie. Un paradoxe saisissant pour ces “chercheurs-mercenaires” talentueux généralement au chômage dans leur pays mais qui contribuent à la réussite d’étudiants paresseux à l’autre bout du monde, commente Slate...