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Jack Merritt, 25 ans, et Saskia Jones, 23 ans, ont été tués par le terroriste Usman Khan. © AFP

Qui étaient Jack et Saskia, les deux victimes de l’attaque de Londres?

Mise à jourL’attaque au couteau a fait deux morts, Jack Merritt, 25 ans, et Saskia Jones, 23 ans, selon la police. Tous deux diplômés de l’université de Cambridge, ils ont été tués lors d’une conférence de son programme de formation et de réhabilitation de prisonniers, à laquelle participait l’assaillant, Usman Khan, 28 ans.

Usma Khan, l’assaillant de 28 ans, avait rendu visite à l’Institut de criminologie de Londres, dans le cadre d'un programme centré sur la réintégration des détenus. Le terroriste portait un bracelet électronique depuis décembre 2018, mais avait reçu l’autorisation de se rendre à l’événement. Il y avait évoqué sa propre expérience en tant que détenu. 

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L’assaillant maintenu par des passants etmis en joue par la police © AP

Mais la volonté d’être réhabilité dans la société semblait feinte: peu avant 14 heures, il s’est mis à poignarder d’autres visiteurs de la conférence et, à l’aide de deux grands couteaux, a également frappé des inconnus sur le London Bridge. Il y a ensuite été maîtrisé par des passants héroïques qui ont ignoré la (fausse) veste d’explosifs qu'il portait. L'homme a finalement été abattu par la police.

Depuis l’attaque mortelle, le nom d'une première victime a été révélé: il s’agit de Jack Merritt, 25 ans. Le jeune homme, diplômé en droit et en criminologie à l’université de Cambridge, était l’un des coordinateurs de la conférence “Learning Together” à laquelle l’assaillant avait assisté. “Mon fils Jack, qui a été tué dans l’attaque, ne voudrait pas que sa mort serve d’excuse pour que des peines plus draconiennes soient prononcées ou pour que des personnes soient détenues arbitrairement. RIP Jack: tu t’étais toujours mis du côté des opprimés”, a lancé le père sur les réseaux sociaux afin d’éviter toute récupération politique contraire aux valeurs de son fils. 

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Le père de la victime a commenté son décès sur Twitter © Twitter/DavidMettitt

Selon David Merritt, “Jack avait le don pour aider ceux qui étaient sur la mauvaise pente et avait fait un détour par la case prison. Il aimait ses collègues et son travail. Merci pour votre soutien, je sais ses collègues sous le choc, prenez soin les uns des autres en ces temps terriblement difficiles”, a-t-il ajouté.

En parallèle, d’anciens tweets de la victime ont été retrouvés par les internautes. Dans l’un d’eux, Jack Merritt évoque justement le terrorisme: “Ce n’est pas l’afflux de réfugiés qui cause le terrorisme, c’est le terrorisme, la tyrannie et la guerre qui créent les réfugiés”, avait-il ainsi cité en 2015. 

Sur la BBC et les réseaux sociaux, ses amis le décrivent comme “le garçon le plus gentil du monde”, “trop bon pour cette Terre” et “qui travaillait pour ce en quoi il croyait: qu’on changerait un jour notre manière de voir le monde”. “Il était extrêmement spirituel et intelligent, avec plus d’envie de vivre que la plupart des jeunes de notre âge et la détermination de marquer le monde de son empreinte”, se souvient un camarade d’université. “Voir Jack nous être arrachés est la pire des choses. Nous nous souviendrons à jamais de comment il a vécu et non de comment il est mort”, a partagé l’une de ses amies. 

Même la radio britannique des prisons lui a rendu hommage pour son travail et le rappeur Dave, qui avait rencontré Jack Merritt dans le cadre de la peine de réclusion à perpétuité de son frère (ce qui a inspiré son album primé, N.D.L.R.), a honoré sa mémoire et l’a remercié pour le travail accompli. “Tu as dédié ta vie à aider les autres et ce fut un véritable honneur d’avoir eu la chance de rencontrer quelqu’un comme toi”, a-t-il commenté, ajoutant qu’il ne l’oublierait jamais, lui mais aussi ce qu’il a fait pour les siens.

Saskia voulait rejoindre la police “désireuse de se spécialiser dans le soutien aux victimes”

Ex-étudiante de Cambridge animée par “une soif de savoir formidable”, Saskia Jones voulait, elle, rejoindre la police, “désireuse de se spécialiser dans le soutien aux victimes” et “généreuse au point de toujours vouloir voir le meilleur chez les gens”, a confié sa famille. La jeune femme de 23 ans participait également à la conférence “Learning Together.”

Selon l’université de Cambridge, un membre de son personnel figure également parmi les trois personnes blessées, dont l’une a pu quitter l’hôpital. Les deux autres restent hospitalisés “dans un état stable”, a précisé la police. 

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Saskia Jones n'était âgée que de 23 ans. © AFP