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Sarkozy milite pour un Schengen 2

UpdateL'ancien président Nicolas Sarkozy a publié une tribune sur les élections européennes dans Le Point daté de jeudi.

Nicolas Sarkozy se prononce "pour la création d'une grande zone économique franco-allemande, cohérente et stable, au coeur de la zone euro", dans une tribune publiée par Le Point daté de jeudi, et qui sera également publiée, le même jour, dans le quotidien allemand Die Welt.

A trois jours des élections européennes, l'ancien président estime qu'"il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II, auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration". Selon M. Sarkozy, il faut par ailleurs supprimer "pas moins de la moitié des actuelles compétences communautaires".

La menace FN
L'ex-chef de l'Etat ne s'était plus exprimé publiquement depuis sa précédente tribune, le 20 mars, à la veille du premier tour des municipales, dans Le Figaro, dans laquelle il répondait aux soupçons pesant contre lui de "trafic d'influence" et à sa mise sur écoute par la justice.

De la même manière que la tribune publiée par Le Figaro était sortie à trois jours du premier tour des élections municipales, la tribune dans Le Point sort à trois jours des élections européennes, qui pourraient être marquées par une très forte abstention.

Alors que le Front national est donné en tête de ces élections par plusieurs sondages, une intervention de l'ancien président était souhaitée par certains à l'UMP, notamment son président, Jean-François Copé, qui a répété qu'une telle démarche serait "positive" pour son camp.

"La parole de Nicolas Sarkozy serait utile" et "importante", a également répété Brice Hortefeux, président de l'association Les amis de Nicolas Sarkozy. Au lendemain des municipales, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, avait affirmé que la tribune de M. Sarkozy avait "contribué à mobiliser la droite".

Soutien à "Finki"
Dans cette tribune, Nicolas Sarkozy prend également la défense du philosophe Alain Finkielkraut, "l'un de nos plus brillants intellectuels", dont la candidature à l'Académie française a suscité la polémique. "Que l'on ait pu si violemment s'opposer à la candidature à l'Académie Française d'un de nos plus brillants intellectuels au seul motif qu'il y avait dans le titre de son dernier ouvrage le mot identité est à pleurer de bêtise. C'est tout simplement consternant", dénonce l'ancien chef de l'Etat.

M. Sarkozy "affirme que ce n'est pas un paradoxe que de plaider tout à la fois pour l'Europe et pour la défense de notre identité, c'est-à-dire de la spécificité de notre modèle". "Le but de l'Europe n'a jamais été que nous nous ressemblions tous, que nous vivions à l'identique, que nous pensions en tout la même chose. Il est que nous soyons capables de coexister, de fraterniser, de défendre nos justes intérêts ensemble face au reste du monde, et, même de promouvoir un modèle de civilisation européenne", ajoute-t-il.

"Identité malheureuse"
Auteur en 2013 d'un essai à succès sur l'identité nationale et l'immigration, "L'identité malheureuse", Alain Finkielkraut a été élu le 10 avril à l'Académie française au fauteuil de Félicien Marceau, dès le premier tour, en dépit de la polémique qui avait précédé le scrutin.

La candidature du polémiste anticonformiste, taxé de réactionnaire par ses détracteurs, avait divisé le petit monde feutré du Quai de Conti: personnalité "trop clivante", jugeaient en coulisses les académiciens opposés à son élection, certains allant jusqu'à évoquer l'entrée à l'Académie du Front national.

"Profil idéal", "intellectuel incontournable", rétorquaient ses partisans, parmi lesquels Pierre Nora, Max Gallo, Frédéric Vitoux ou Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'institution fondée en 1635 par Richelieu.