La Faculté de Médecine de l'université Paris-Descartes
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La Faculté de Médecine de l'université Paris-Descartes © Twitter

Scandale autour des dons de corps à la science

FranceL’Express révèle cette semaine que les milliers de corps qui ont été reçus par l’université Paris-Descartes auraient été conservés dans des conditions déplorables.

De 1953 à 2018, les personnes qui le souhaitaient pouvaient généreusement faire don de leur corps à l’université Paris-Descartes après leur mort. L’objectif était d’aider les étudiants en médecine à apprendre leur métier, en leur permettant de pratiquer sur de vrais corps. Cette université avait la particularité de fournir aux étudiants des corps qui n’avaient pas été conservés dans du formol ou qui n’avaient pas été congelés.

Deux scandales éclaboussent aujourd’hui la réputation de cette université. Les photos prise au cinquième étage de l’une des meilleures facultés de médecine de France sont sordides. L’Express dépeint un tableau digne d’un film d’épouvante: des corps démembrés, entassés par dizaines. Des membres moisis, noircis, à moitié dévorés par les souris. La porte d’une chambre froide ne se ferme plus à cause de la rouille. Des sacs-poubelles débordent de chairs. Une tête a été laissée sur un carrelage vétuste.

Rapport accablant

Depuis 1953, le centre n’a connu aucune modernisation. En 2016, le Professeur Richard Drouard avertissait le président de l’université, avec un long rapport. C’est de ce rapport que sont tirées les images. Le Professeur y insiste sur les pannes dans les chambres froides, les problèmes de ventilations et d’évacuations. Un témoin raconte aujourd’hui: “Les cadavres sont conservés dans des conditions déplorables, il fait une chaleur épouvantable, certains sont pourris. Ça pue. On a l’impression d’être au XIXe siècle ou à la Renaissance”. La situation a poussé Richard Drouard et plusieurs membres du comité éthique à démissionner en 2017. 

Rénovations

En 2017 et 2018, des corps ont été incinérés et un budget de huit millions d’euros a été débloqué pour rénover le centre. À partir de 2020, les corps donnés pour la Recherche devraient être conservés dans les sous-sols, chacun dans un tiroir individuel.

Trafic d’organes

Le centre est visé aujourd’hui par un deuxième scandale tout aussi grave: des membres et des organes auraient été vendus à des sociétés privées, ce qui est totalement contraire à l’éthique qui entoure le don d’un corps à la Science. Le cabinet KPMG indique même que ces gains constitueraient 75% du chiffre d’affaires du centre en 2013. Un corps se vendrait 900 euros.

L’Union française pour une médecine libre, un syndicat de médecin, compte déposer plainte. “Ça m’a glacé d’effroi parce que c’est à l’opposé de ce qu’on doit être quand on est médecin”, a déclaré Jérôme Marty, président de l’UFML.

Une exception

Il ne faudrait pas que le grand public s’imagine que, partout en France, les donations de corps ne sont pas considérées avec les valeurs éthiques et morales qui sont nécessaires”, précise Brigitte Mauroy, qui a été la directrice du centre du don des corps entre 2013 et 2016 et pour qui la situation était due au matériel vieillissant. 

En Belgique, le don du corps à la Science est également possible. Pour plus de renseignements, cliquez ici.

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