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Six personnes jugées à Nancy pour avoir violé et torturé une jeune femme fragile

Trois hommes et trois femmes sont jugés depuis lundi devant la cour d'assises à Nancy pour avoir séquestré une jeune déficiente mentale et lui avoir infligé de multiples sévices et des viols, à Verdun en 2015.

Une septième personne, un homme de 56 ans qui comparaît libre, est poursuivi pour "non-dénonciation de crimes".

Les faits avaient été révélés le 17 mars 2015 lorsque la jeune femme, alors âgée de 20 ans, s'était présentée à une assistante sociale, épuisée, squelettique, le crâne rasé, le visage tuméfié et le corps couvert d'hématomes et de plaies.

Des sévices pendant plusieurs semaines
Atteinte d'une "déficience intellectuelle légère", la victime était hébergée depuis mi-février au domicile d'un couple de femmes mariées, Laëtitia Dupont et Caroline Denisart, à Verdun.

Après lui avoir extorqué de l'argent, elles avaient commencé à la frapper, l'accusant de vols. Elles lui avaient ensuite infligé, avec trois hommes de leur entourage, une multitude de sévices pendant plus de deux semaines.

De la torture
Elle avait été frappée à coups de pieds, de poings, de chaussures et de matraque, brûlée avec des cigarettes ou une lame de couteau chauffée à blanc, privée de nourriture, étranglée, jetée dans la Meuse, contrainte de dormir sur le sol, parfois les mains attachées, de fumer des joints et de manger des croquettes pour chat. Certaines scènes avaient été filmées avec un téléphone portable.

L'un des accusés, Manuel Pasquereau, "avait dit qu'ils finiraient par la tuer dans les bois, ce qui lui avait fait prendre conscience qu'il fallait qu'elle parle", avait raconté la victime aux enquêteurs.

Prétextant un rendez-vous à un centre médico-social, elle avait confié son calvaire à une assistante sociale.

Des faits d'une gravité extrême
Les six accusés, âgés de 22 ans à 30 ans, sont renvoyés pour la totalité ou une partie des faits retenus par l'accusation: "Séquestration arbitraire, extorsion, tortures ou actes de barbarie, viols avec plusieurs circonstances aggravantes, enregistrement d'images relatives à la commission d'une atteinte volontaire à l'intégrité de la personne".

Parmi eux, la petite amie de l'un des accusés a avoué avoir donné des gifles et assisté à des viols. Après avoir minimisé les faits, la plupart a reconnu la gravité des violences. "On a traité cette fille comme un animal", avait constaté M. Pasquereau.

Présentée comme l'instigatrice, Laëtitia Dupont s'était demandé comment ils avaient pu "massacrer une personne qui ne (leur) avait trop rien fait de mal". Le procès doit durer jusqu'au 8 février.