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Tariq Ramadan brise le silence: “Je suis victime d’un traquenard”

Mis en examen pour deux viols (qu’il conteste) sur Henda Ayari et une femme se faisant appeler “Christelle”, Tariq Ramadan brise le silence. L’islamologue suisse, qui sort un livre prochainement dans lequel il déballe “sa” vérité, a décidé de prendre la parole pour répondre au  “tribunal populaire” dont il est victime. “Ce sont des menteuses”.

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV ce vendredi matin, l’intellectuel qui prône un islam conversateur a d’abord expliqué pourquoi il rompait le silence, alors qu’il avait pourtant assuré vouloir dire la vérité uniquement devant la justice.

“Depuis 2 ans, je ne me suis pas exprimé dans les médias, pour cause puisque j’ai passé 10 mois en prison, mais surtout parce que je voulais être entendu par la justice. Or, j’ai eu affaire à un tribunal populaire et à un secret de l’instruction qui n’a pas été secret”, a-t-il dénoncé. “Tout a été déballé, je parlais et tout était dans les médias et donc je me suis tu à un moment donné”. 

Il affirme avoir finalement décidé de prendre la parole “puisque le tribunal populaire l’a déterminé comme coupable”.

“Je ne connais pas cette dame”

Tariq Ramadan est visé par une nouvelle plainte déposée en mai 2019 pour viol en réunion. Les faits remontent à mai 2014 et auraient eu lieu au Sofitel de Lyon. La plaignante, une journaliste d’une radio locale, aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années, affirme avoir été violée plusieurs fois par deux hommes, puisqu’une personne de son staff était présente.

“Je n’étais pas à Lyon à cette date, je n’ai contacté personne, je ne connais pas cette dame. (…) Cette dernière plainte vient pour faire un écran de fumée sur tout ce que l’on sait aujourd’hui et qui est sorti pendant ces dernières semaines d’enquête”, s’est défendu l’islamologue.

“Je suis un homme de paix”

Pour rappel, le célèbre intellectuel musulman est inculpé depuis le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable, ce qu’il conteste fermement. Il est accusé de viols le 9 octobre 2009 à Lyon sur une femme surnommée Christelle dans les médias et, au printemps 2012 à Paris, sur une ancienne salafiste devenue militante laïque, Henda Ayari. Après avoir nié toute relation sexuelle avec ces deux femmes, il avait ensuite reconnu des relations sexuelles consenties. “J’ai voulu me protéger et protéger ma famille. C’était une erreur”, concède-t-il.

“Je suis victime d’un traquenard. Ce sont des menteuses. (...) Quand une femme me dit non, c’est non. Je sais ce que c’est le ‘non’. Je n’ai jamais été violent et je déteste la violence. Mon engagement depuis trente ans, publiquement et dans ma vie privée, est de m’opposer à la violence. (…) Je n’ai aucune violence dans ma vie, je suis un homme de paix”.

Bourdin reconnaît avoir hésité

Précision utile: c’est Tariq Ramadan lui-même qui a sollicité BFM TV pour l’interview. “Je ne vous donne pas une tribune mais simplement la parole”, a tenu à préciser Jean-Jacques Bourdin en début d’interview, reconnaissant qu’il avait “hésité”, avant de finalement accepter.

Pour rappel, Tariq Ramadan est également visé par deux autres plaintes pour viols, déposées en mars 2018 et juillet dernier, des faits pour lesquels il n’est pas poursuivi à ce jour. En avril 2018, une autre femme a déposé plainte en Suisse, entraînant l’ouverture d’une instruction à Genève, dans laquelle il n’a pas encore été entendu. Le 11 septembre prochain, le théologien publiera un ouvrage qui s’intitule « Devoir de vérité » qui ne contiendrait ni révélations ni mea culpa.

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