Trois soldats US tués en Irak, 15 morts dans un attentat à Bagdad

Trois soldats américains ont été tués mercredi dans un bastion sunnite au nord de Bagdad dans l'incident le plus meurtrier depuis un mois pour l'armée américaine, engagée dans une offensive contre le réseau Al-Qaïda dans le nord du pays. Les violences, qui connaissent une "baisse" générale selon l'armée américaine, ont toutefois fait quinze morts et des dizaines de blessés dans un attentat suicide au camion piégé commis dans un quartier chiite de Bagdad.

Les trois militaires tués ont été la cible de tirs d'armes légères près de la localité d'Hawijah (240 km au nord-est de Bagdad), un fief sunnite et place forte de la branche irakienne d'Al-Qaïda, a annoncé l'armée américaine dans un communiqué. Ces décès portent à 4.090 le nombre de militaires américains tués depuis l'invasion américaine de l'Irak en mars 2003, selon le site internet indépendant www.icasualties.org.

Ils interviennent alors que le mois de mai 2008, avec 19 soldats tués, a été le moins meurtrier pour l'armée américaine depuis le début de la guerre en 2003. Cette attaque est la plus sanglante pour les Américains depuis la mort de quatre Marines le 4 mai dans l'ancien bastion sunnite d'Al-Anbar, à l'ouest de Bagdad. Devant la presse, le porte-parole de l'armée américaine en Irak, le général Kevin Bregner, s'est félicité du "succès" des opérations militaires et de la "baisse" générale des attaques, tout en reconnaissant que "Al-Qaïda était encore capable d'attaques de grande envergure".

Parallèlement, dans le quartier chiite d'Al-Shaab, dans le nord-est de Bagdad, un kamikaze a lancé son camion bourré d'explosifs sur la maison d'un général de la police irakienne, tuant quinze personnes dont quatre enfants et en blessant 65, selon une source au sein du ministère irakien de la Défense. Le bilan des morts pourrait encore s'alourdir compte tenu du nombre de blessés évacués dans deux hôpitaux de la capitale irakienne. Huit maisons se sont effondrées sous la violence de la déflagration et des dizaines d'autres ont été endommagées.

Le commandant de police visé, qui n'a pas été touché, avait participé à des opérations avec l'armée irakienne dans la capitale, selon une source au sein du ministère de l'Intérieur. Dans la matinée, la police irakienne a par ailleurs annoncé avoir arrêté cinq chefs d'une milice extrémiste chiite, présumés responsables de 721 assassinats dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad. "Les forces de sécurité ont arrêté récemment cinq dangereux criminels et chefs de gangs criminels", a déclaré à l'AFP le chef de la police de Kerbala, le général Chaker Jawdat.

Sur le plan politique, l'armée américaine a assuré mercredi ne pas vouloir disposer de bases permanentes en Irak au lendemain de l'annonce par Bagdad de divergences avec Washington concernant la présence américaine en Irak après 2008. "Certains points ont été largement mal compris (par la presse, ndlr). L'armée américaine n'a aucune envie d'avoir des bases (militaires, ndlr) permanentes en Irak", a déclaré le général Bergner.

Mardi, le gouvernement irakien, soucieux de préserver sa "souveraineté nationale", avait indiqué avoir une "vision différente" de celle des Etats-Unis sur l'accord qui doit régir le statut des forces américaines après le 31 décembre 2008, à l'expiration du délai fixé par la résolution de l'ONU. L'accord, baptisé Status of Forces Agreement (SOFA), doit être signé d'ici le 31 juillet, selon une "déclaration de principes" décidée en novembre 2007 entre le président américain George W. Bush et le Premier ministre Nouri al-Maliki. (belga)