Plein écran
Donald Trump en Richard Nixon © AFP, AP

Un ancien du Watergate voit des "parallèles" entre Nixon et Trump, le président réagit

L'ancien chef juriste de la Maison Blanche et participant repenti au scandale du Watergate John Dean a affirmé lundi qu'il voyait des "parallèles remarquables" entre l'affaire qui a fait tomber Richard Nixon et les conclusions de l'enquête Mueller plombant la présidence de Donald Trump.

Une "ordure", "déshonorée": le président américain Donald Trump n'a pas caché son mépris pour John Dean, qui l'a également souvent critiqué dans des termes très durs.

Lors d'un spectaculaire témoignage devant le Congrès en 1973, M. Dean, alors chef des services juridiques de la Maison Blanche, avait impliqué Richard Nixon dans le scandale du Watergate, un programme d'espionnage politique qui a visé les démocrates. 

Des accusations qui avaient contribué à pousser le président républicain Nixon à la démission un an plus tard, sous la menace d'une procédure de destitution. Un parallèle potentiellement embarrassant pour Donald Trump, que M. Dean, 80 ans, a pris soin de souligner devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants. 

Il était cette fois invité par les démocrates, qui multiplient les enquêtes parlementaires contre Donald Trump depuis la publication, en avril, du long rapport d'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. 

Des grâces présidentielles à des ex-collaborateurs de Trump en échange de leur silence?

"Sous de nombreux aspects, le rapport Mueller est pour le président Trump ce que la dite ‘feuille de route du Watergate’ était pour le président Richard Nixon", a estimé John Dean devant la commission, affirmant que le procureur spécial Mueller avait fourni au Congrès "une feuille de route". 

"Je voudrais aborder certains des parallèles remarquables que je détecte entre le rapport Mueller et le Watergate, particulièrement ceux liés à l'entrave à la justice", a-t-il souligné. "Et je m'empresse d'ajouter que j'ai appris ce que je sais sur l'entrave à la justice à la dure, en me retrouvant du mauvais côté de la loi", a poursuivi M. Dean, en référence aux quelques mois qu'il avait passés en prison à la suite du Watergate. 

Plein écran
John Dean. © REUTERS

M. Dean établit notamment une comparaison entre Richard Nixon et l'hypothèse que M. Trump a brandi la possibilité de grâces présidentielles à certains ex-proches collaborateurs, "en échange de leur silence ou afin de les empêcher de coopérer avec les enquêteurs". Il compare également les tentatives supposées des deux présidents républicains d'influencer les enquêtes du FBI.

Trump assure qu’il n’est pas Nixon: “il a démissionné, je ne le ferai pas”

Le président américain Donald Trump assure qu’il n’est pas Richard Nixon qui, empêtré dans le scandale du Watergate, avait choisi de renoncer à sa fonction. M. Trump estime être quelqu’un qui ne fuit pas le combat. Le président Nixon “s’est retiré. Je ne le ferai pas, c’est une différence de taille”, a indiqué l’actuel locataire de la Maison Blanche devant la presse.

En 1974, Richard Nixon avait démissionné avant que le Congrès n’entame une procédure. Il avait alors perdu la confiance d’à peu près tous les membres du Congrès, démocrates et républicains. Beaucoup sont convaincus que s’il n’avait pas démissionné, Nixon aurait été démis.

Donald Trump n’a, lui, pas l’intention de jeter l’éponge même s’il a la réputation de se retirer d’affaires trop complexes. Il assure que partir n’est pas dans sa nature et promet de faire face même si le Congrès devait lancer une procédure en destitution contre lui. “On ne peut pas démettre quelqu’un qui n’a rien à se reprocher”, affirme le milliardaire.

  1. Top jobs européens: Ursula von der Leyen face au verdict du Parlement européen

    Top jobs européens: Ursula von der Leyen face au verdict du Parlement européen

    Deux semaines auront-elles suffi à Ursula von der Leyen pour convaincre les eurodéputés? Les élus vont décider mardi soir s'ils élisent ou non la ministre allemande à la tête de la Commission européenne lors d'un vote couperet, car il n'offre pas de seconde chance. L'attitude des élus eurosceptiques pourrait être déterminante. Ils pourraient faire pencher la balance en sa faveur mais ce soutien serait embarrassant pour la prochaine présidente de la Commission.
  2. Un “guérisseur” allemand ne devrait pas aller en prison suite aux décès de 3 patients dont une Belge

    Un “guérisseur” allemand ne devrait pas aller en prison suite aux décès de 3 patients dont une Belge

    Un tribunal de la ville allemande de Krefeld, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a condamné lundi le "guérisseur" du cancer Klaus Ross, 62 ans, à deux ans de prison avec sursis. Celui dont le centre pour le traitement du cancer a été fermé il y a quelques années est tenu pour responsable de la mort de trois patients, dont une femme belge. Le ministère public allemand avait requis une peine de trois ans de prison.