Plein écran
Illustration. © epa

Un bijoutier abat un braqueur en France

VideoUn bijoutier de Sézanne (Marne), déjà attaqué cette année, a tué jeudi par arme à feu un des deux hommes qui braquaient sa bijouterie, et a été placé en garde à vue, a indiqué le procureur de Châlons-en-Champagne, une affaire rappelant celle survenue en septembre à Nice."

"A 16H30, deux individus, dont au moins un est armé, qui dissimulent leurs visages, braquent un bijoutier et son épouse qui se trouvent dans le commerce", a expliqué à l'AFP le procureur, Christian de Rocquigny. 

"Le bijoutier arrive à se munir de son arme, une arme de poing, de calibre 9 mm, et tire à quatre reprises sur l'un des malfaiteurs", le touchant "à quatre endroits, au sternum, à la gorge, au coeur», "des zones vitales", a poursuivi le magistrat.

"Les deux malfaiteurs, qui n'avaient pas tiré ni frappé, sont sortis sans rien emporter. Le blessé s'est effondré devant la bijouterie alors que le complice a pris la fuite", a-t-il dit. "L'autre individu est mort sur place à 17H35, malgré la tentative de réanimation des pompiers", a ajouté le magistrat, racontant que "quand il est sorti en titubant, il a laissé tomber son arme, écartée par un passant qui a donné un coup de pied dedans".

Le procureur n'était pas en mesure de dire si le second braqueur, qui a pris la fuite en voiture, avait été touché et s'il a été assisté par une personne à l'extérieur. Il était toujours recherché jeudi soir. Un plan Epervier a été mis en place par la gendarmerie.

La bijouterie est située dans une rue commerçante du centre-ville de Sézanne, localité de 5.500 habitants située à 80 km au sud de Reims et décrite par son maire Philippe Bonnotte comme "tranquille". "Notre ville ne connaît pas habituellement de situation aussi violente que celle qu'on vient de connaître. C'est un choc pour tout le monde", a-t-il observé.

D'après Foucauld Toulemonde, poissonnier à Sézanne joint aussi par l'AFP, "c'est la deuxième fois" que le bijoutier se faisait braquer, la première fois "c'était il y a six mois". Le procureur a également indiqué qu'il semblait que le bijoutier avait été victime d'une attaque "dans des circonstances comparables".

Appels sur Facebook à soutenir le bijoutier
"Ils avaient refait à fond la bijouterie il y a trois quatre mois, elle est toute neuve. Ils avaient investi dans des caméras, un sas de sécurité. Ils s'étaient mis à la page", selon M. Toulemonde.

Le bijoutier, 54 ans, propriétaire de sa boutique, et qui vit à Sézanne depuis "cinq six ans", selon le poissonnier, est un "tireur de cible", qui "fréquente le stand de tir". Depuis le précédent braquage, "sa femme était traumatisée, vraiment heurtée. Elle avait beaucoup de mal à s'en remettre", a souligné M. Toulemonde. Selon lui, le quartier était encore "bouclé complètement" jeudi soir.

Le procureur a indiqué que cette attaque "a éventuellement un lien" avec une tentative de braquage qui a eu lieu jeudi à 14H30 à Vitry-le-François, à 65 km à l'est, contre un local du Crédit agricole.

Le bijoutier a été placé en garde en vue dans les locaux de la gendarmerie de Sézanne et était en cours d'audition jeudi soir par les militaires de la section de recherches de Reims, chargée de l'enquête. "Les investigations permettront de savoir dans quelles conditions le bijoutier a ouvert le feu sur des malfaiteurs qui l'agressaient", a précisé un officier de gendarmerie. Le procureur doit tenir une conférence de presse vendredi à 10H00 au tribunal de Châlons-en-Champagne.

L'affaire de Sézanne rappelle celle survenue en septembre à Nice, lorsqu'un autre bijoutier, Stephan Turk, avait tué un des braqueurs qui venaient de le dévaliser lors de sa fuite en scooter. M. Turk a été mis en examen pour homicide volontaire et assigné à résidence sous bracelet électronique. La question de la légitime défense avait été posée, et une partie de l'opinion avait alors pris fait et cause pour le bijoutier, jugé victime d'une insécurité grandissante, alors qu'il avait déjà été victime d'un vol à la disqueuse en 2012.

Dès jeudi, des appels étaient lancés sur Facebook à soutenir le bijoutier de Sézanne. L'union de la bijouterie-horlogerie UDH a "déploré" l'affaire de Sézanne et rappelé qu'elle demandait aux pouvoirs publics des aides pour financer l'installation d'une surveillance vidéo dans (les bijouteries) pour qu'on puisse filmer ce genre de choses".