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Un ministre israélien appelle les juifs de France à rentrer "à la maison"

UpdateAurore Bergé, porte-parole du parti du président français Emmanuel Macron, La République en marche, a dénoncé mercredi les "propos dangereux" d'un ministre israélien qui a appelé les juifs de France à rejoindre Israël après la multiplication des actes antisémites dans l'Hexagone.

"Je condamne vigoureusement l'antisémitisme en France et en appelle aux juifs: rentrez à la maison, immigrez en Israël", a lancé mardi le ministre de l'Immigration, Yoav Gallant, sur Twitter.

"Leur maison, c'est la France"
"Leur maison, c'est la France, ces gens sont français et je pense que ce genre de propos sont dangereux", a répondu la députée des Yvelines sur RFI. "Laisser penser aux Français juifs, mais qui sont d'abord français, que leur place ne serait pas en France et que pour vivre tranquillement, ils devraient fuir notre pays, ce serait délétère", a-t-elle mis en garde.

Mobilisation contre l'antisémitisme
"Notre pays sans juifs, ce ne serait plus le même pays. Je souhaite au contraire qu'on réaffirme nos valeurs, et c'est ce qu'on a fait hier soir" avec les mobilisations partout en France contre l'antisémitisme, a-t-elle expliqué.

"On sait qu'il y a des élections en ce moment en Israël donc j'imagine que tout ça n'est pas tout à fait anodin", a-t-elle ajouté pour remettre en perspective les propos du ministre israélien.

Des tags antisémites dans un cimetière près de Lyon

La vague d'actes antisémites se poursuit en France. Des tags, notamment de croix gammées, ont été découverts mercredi sur un monument aux morts du cimetière de Champagne-au-Mont-d'Or, village cossu de l'ouest lyonnais, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Croix gammées
Sur la stèle du "jardin du souvenir" du cimetière, deux croix gammées à l'envers ont été dessinées en rouge avec l'inscription "shoa blabla", a constaté un photographe de l'AFP. Au pied du monument, une autre croix gammée a été apposée accompagnée de la phrase "passkon a pa le shoa".

Le jardin du souvenir n'est pas situé dans le carré juif du cimetière.

Condamnation unanime
Les premières condamnations sont très vite arrivées. Dans un tweet, le préfet de Lyon, Pascal Mailhos a condamné "avec la plus grande fermeté" rappelant que «l'antisémitisme, la xénophobie, l'homophobie ou toute autre forme de haine n'ont pas leur place dans notre République".

Selon la gendarmerie interrogée par l'AFP, c'est la première fois que de tels actes se produisent dans ce cimetière. Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon, menée par les gendarmes.

Vague d'antisémitisme
Ce nouvel acte antisémite intervient au lendemain de la profanation de près de 100 tombes juives en Alsace et d'une mobilisation nationale pour dire "ça suffit" mardi soir, dans un contexte de hausse généralisée des actes antisémites (+74% en 2018).