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Un pasteur, marié à une fillette de 10 ans, reconnu coupable de pédophilie

Daniel Cormier, un pasteur canadien âgé de 56 ans a été reconnu coupable d'agression sexuelle à l'encontre d'une fillette de dix ans qu'il prétendait être son épouse. Un verdict sans surprise qui met fin à une procédure judiciaire longue de cinq ans.

Daniel Cormier était pasteur de "l'Eglise du centre-Ville" de Montréal, un mouvement évangélique qu'il avait-lui même fondé au cours des années 90 et dont la mission était de venir en aide aux démunis. C'est dans ce cadre que le pasteur autoproclamé fait la connaissance d'une jeune maman qui, prise entre la drogue et la prostitution, s'était retrouvée sans-abri et privé de la garde de ses deux fillettes.

Cormier la prend sous son aile, la sort de la rue et l'aide même à récupérer la garde de ses enfants. Une fois la famille recomposée, le pasteur continue à aider la jeune femme financièrement et garde régulièrement ses deux filles alors âgées de six et huit ans. C'est à cette époque, en 1997, qu'il dit être "tombé amoureux" de la plus jeune. Il la fait tout d'abord dormir dans son lit avant de procéder à des attouchements vers ses 9 ans, selon ses dires. Ensuite, alors que la fillette atteint 10 ans, David Cormier entretient régulièrement des relations sexuelles avec elle. Il va jusqu'à célébrer un prétendu mariage entre lui et la petite fille le jour de son dixième anniversaire.

"Très éveillée"
Ce sont deux femmes, membres de l'Eglise fondée par Daniel Cormier, qui avaient donné une première fois l'alerte, inquiétées par le comportement suspect de leur pasteur à l'encontre de la fillette. Cormier avait alors rejeté les accusations en bloc, disant que c'était "Satan" qui leur avait mis de telles idées dans la tête. Mais une enquête policière a lieu et David Cormier est finalement arrêté en juin 2003. La jeune fille est alors âgée de 14 ans et se considère comme l'épouse du pasteur, conformément à ce qu'il lui avait fait croire.

Cormier avance d'ailleurs cet argument du mariage pour justifier les "gestes sexuels" qu'il a à l'égard de l'enfant. Une défense maigre pour la juge Sylvie Durand qui n'a pas manqué, en rendant sa décision, de relever le fait que l'accusé s'était défendu en disant que la fillette était déjà "très éveillée" à l'âge de huit ans. Cormier aurait affirmé que la jeune fille était tombée amoureuse de lui à 9 ans, affirmant qu'elle était "extrêmement mature".

Deuxième victime
La victime aujourd'hui âgée de 19 ans était présente pendant l'audience aux côtés de sa mère. Les deux femmes se sont refusés à tout commentaire mais la procureure Anne Andrée Charrette en charge du dossier, a déclaré qu'elles étaient satisfaites du dénouement de l'affaire. La peine sera prononcée dans le courant de la semaine du 24 novembre. Daniel Cormier sera à nouveau jugé au mois de janvier dans une autre affaire concernant des attouchements sur une autre jeune mineure au milieu des années 90.

Viktoria Thirionet