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Un policier tire à balle réelle sur un manifestant à Hong Kong

Un policier a tiré sur un manifestant masqué lors d'affrontements lundi matin à Hong Kong diffusés en direct sur Facebook, une source policière confirmant que des tirs à balles réelles avaient été effectués dans le même quartier. L'homme a été blessé au torse et se trouve dans un état critique. Cela alors que la mégapole était paralysée par des opérations de blocage de très grande ampleur menée par la mouvance pro-démocratie.

Sur les images, on voit un officier de police essayer de ceinturer une personne à blouson blanc, dans le quartier de Sai Wan Ho, à un carrefour bloqué par des manifestants.

Un autre homme masqué, vêtu de noir, s'approche et le policier lui tire visiblement sur le torse. Des personnes se ruent sur le policier puis s'éloignent. L'homme, qui ne semble pas armé, tombe au sol puis s'assoit en se tenant l'abdomen, tente de se relever avant d'être maîtrisé à terre par le policier. Deux autres coups de feu retentissent. À côté d'eux, un autre policier immobilise au sol un autre manifestant en noir. Les deux ont été arrêtés. 

Une source policière a confirmé à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que trois tirs à balles réelles avaient été effectués et qu'une personne avait été touchée à Sai Wan Ho. Une photo du média Cupid News montre les deux manifestants à terre, dont un près d'une traînée de sang.

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Des sources hospitalières ont précisé que trois personnes avaient été hospitalisées, dont une pour une blessure par balle. Une autre source hospitalière indique que l'homme abattu se trouve dans un état critique. Selon le Hong Kong Free Press, la victime n'a pas répondu lorsque les services d'urgence sont arrivés sur les lieux de l'incident.

C'est la troisième fois depuis le début du mouvement de protestation il y a cinq mois que la police fait usage de tirs à balles réelles.

Barricades 

Dans le quartier de Sai Wan Ho, où a eu lieu la fusillade, des habitants en colère et des manifestants ont érigé des barricades, allumé des feux et vandalisé une station de métro. La police a dispersé des gaz lacrymogène et poivré en réponse.

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© CUPID PRODUCER via REUTERS

En dépit de manifestations et actions quasi quotidiennes depuis juin, et de plus en plus violentes, l'exécutif local comme le gouvernement chinois se sont refusés à toute concession aux manifestants qui demandent notamment des réformes démocratiques et une enquête sur le comportement de la police. 

La tension s'est encore accrue après le décès vendredi d'un homme de 22 ans, Alex Chow, tombé cinq jours plus tôt d'un parking à étages lors d'affrontements dans le quartier de Tseung Kwan O, dans l'est. Si les circonstances de cette chute demeurent obscures, il est le premier étudiant à décéder depuis le début des manifestations.
Depuis son décès, des veillées rassemblent des dizaines de milliers de personnes quotidiennement.
Et un appel à la grève générale avait été lancé pour ce lundi.

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