Plein écran
© afp

Un problème d'encre libère un meurtrier présumé: l'enquête est lancée

Un fax en panne est à l'origine de la remise en liberté, jeudi, du principal suspect du meurtre d'un disc-jockey, battu à mort en 2011 en Seine-Saint-Denis, ont rapporté vendredi plusieurs médias français. La ministre française de la Justice, Chrisitiane Taubira, a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur ce "dysfonctionnement" qui a empêché l'envoi et la prise en considération dans les délais impartis de la demande de libération introduite par l'avocat du meurtrier présumé. Un vice de forme qui a entraîné dans la foulée la remise en liberté du suspect ce dernier.

La nuit de la Saint-Sylvestre 2011, un père de famille de 33 ans, DJ amateur, avait été frappé à mort par une dizaine de personnes pour avoir refusé l'entrée d'une soirée qu'il organisait au Blanc-Mesnil, dans le département de la Seine-Saint-Denis.

Considéré comme le principal suspect, un homme avait été interpellé peu de temps après les faits et écroué. Son avocat, Me Portejoie, a confirmé jeudi avoir saisi la chambre de l'instruction pour demander la libération de son client car il estimait qu'il était "détenu arbitrairement".

"Il avait fait appel de son maintien en détention et le délai pour statuer, qui est de 20 jours, était dépassé. Après plusieurs allers-retours entre la chambre de l'instruction et la Cour de cassation, on nous a donné raison sur ce retard. Une enquête a déterminé que c'est un défaut d'encre dans un fax qui avait empêché l'appel de mon client d'être envoyé", a-t-il précisé.

A l'annonce de cette libération pour vice de forme, l'avocat de la famille de la victime, Me Benaïem, s'est dit "plus qu'affligé".

"Il est sorti hier à 17h de la maison d'arrêt de Villepinte. Ma cliente et ses deux enfants attendent un procès depuis des années. Ils sont affligés, ils savent que maintenant il y a des risques de ne pas voir comparaître l'un des auteurs", a ajouté l'avocat.

"Il faut que nous arrivions à comprendre ce dysfonctionnement, les conséquences sont lourdes", a estimé la ministre de la Justice lors d'un déplacement à Bordeaux, précisant que ce fax était manifestement en panne depuis plusieurs semaines.

Christiane Taubira a indiqué que le premier président de la Cour d'appel de Paris avait souhaité une inspection et qu'elle donnerait son accord. "Nous ne pouvons pas consentir à des risques de cette nature", a insisté la ministre citée par plusieurs médias.

Un second suspect avait été interpellé en novembre 2012 et placé en détention provisoire également.