Un Rom hongrois et son fils abattus en fuyant leur maison incendiée

Un Rom et son fils, découverts morts lundi matin après l'incendie de leur maison dans un village hongrois, ont été assassinés, a annoncé la police hongroise. Une récompense de quelque 43.000 dollars est offerte à toute personne qui donnera les renseignements qui permettront d'arrêter les criminels.

L'autopsie a, en effet, révélé qu'ils avaient été abattus et qu'ils n'étaient pas morts dans l'incendie de leur maison dans un village situé à 30 km de Budapest. La mère et ses deux filles, âgées de trois et six ans, ont été sauvées des flammes par les pompiers et hospitalisées. La mère se trouve en état de choc et ses deux filles souffrent de graves brûlures.

Dans un premier temps, la police avait imputé l'incendie de la maison à un court-circuit. Mais, la réaction des leaders de la communauté rom de Hongrie sembles les avoir contraint à enquêter de manière plus approfondie et à rechercher les assassins. La députée européenne hongroise de la minorité rom, Viktoria Mohacsi, a effet rapporté que des témoins avaient affirmé que l'homme, âgé de 27 ans, et son fils de 5 ans avaient été abattus alors qu'ils fuyaient la maison en flammes.

Elle a épinglé la lenteur de la police hongroise qui, selon elle, n'a pas voulu reconnaître qu'il s'agissait de crimes. Florian Farkas, le chef de l'organisation rom Lungo Drom, a mis en garde sur les risques d'une "situation de guerre civile" si l'intégration de la plus importante minorité ethnique en Hongrie ne progresse pas. Des groupes hongrois d'extrême-droite se montrent de plus en plus hostiles aux roms et, l'année dernière, seize attaques armées ont été menées contre des roms. Dans un seul cas, l'auteur de l'agression a été arrêté. (belga/th)