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Une infirmière bretonne virée pour avoir aidé des hôpitaux parisiens: “C’est odieux”

En congés forcés, une infirmière a décidé de se porter volontaire pour venir en aide aux hôpitaux parisiens. Une initiative qui lui a coûté sa place au CHRU de Brest, rapporte Ouest-France.

Lundi dernier, l’infirmière découvre avec stupéfaction que son hôpital de Brest lance un appel à volontaires pour aider les hôpitaux parisiens. “C’est ce que j’ai fait mais on me le reproche. Mon contrat avec l’hôpital de Brest n’est pas renouvelé à partir du 5 avril pour abandon de poste. C’est odieux”, témoigne-t-elle auprès de Ouest-France.

“Congés forcés faute d’activité”

La jeune femme de 25 ans a répondu favorablement à l’appel urgent de l’AP-HP (assistance publique-hôpitaux de Paris), le 20 mars 2020, en manque de soignants pour lutter contre le coronavirus. “Depuis mi-mars, l’hôpital de Brest avait fermé des services pour se préparer à l’épidémie. Et du personnel se retrouve en congés forcés à la maison, faute d’activité. J’étais dans ce cas pour deux semaines, du 16 au 29 mars”, explique l’infirmière, qui était une employée de l’hôpital depuis juillet 2019.

Le 21 mars, elle se porte volontaire “sous condition d’acceptation du CHRU”. L’hôpital parisien Bichat, par la voix de sa directrice de garde, promet alors de contacter les ressources humaines de l’hôpital breton. La jeune infirmière organise la garde de sa fille de 18 mois et rejoint Paris le lendemain.

“Six nuits en une semaine” pour “se sentir utile”

Elle travaille d’abord à l’hôpital Bichat puis à Lariboisière. “J’ai enquillé six nuits exténuantes en une semaine. À Paris, je suis seule, et confinée. Je m’expose et j’expose ma famille à des risques, mais je me sens utile”, souligne-t-elle. Quelques jours plus tard, elle reçoit un mail de la direction du CHRU, l’informant que son contrat n’est pas renouvelé “pour le moment” et que sa mise à disposition pour l’AP-HP ne va pas au-delà du 5 avril (alors qu’initialement, c’était jusqu’au 22 avril). Devant les mesures de confinement, la direction l’invite également à rester en région parisienne.

“Le 16 mars, le CHRU s’était engagé à renouveler mon contrat. Je me fais virer parce que je suis partie prêter main-forte à l’AP-HP alors que j’aurai dû rester confinée, à Brest, à une heure et demie de mon hôpital. Pourtant le président de la République a déclaré ‘la guerre’. La situation en Île-de-France est très grave”, rappelle la jeune femme, amère.