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Patrick Balkany © AFP

Une nouvelle demande de remise en liberté de Patrick Balkany rejetée

La cour d'appel de Paris a à nouveau rejeté lundi une demande de mise en liberté du maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, 71 ans, une semaine avant l'ouverture de son procès en appel pour blanchiment aggravé. La cour a également rejeté une demande d'abaissement de la caution de 500.000 euros imposée à l'élu - actuellement incarcéré à la prison parisienne de la Santé - dans le cadre du contrôle judiciaire accordé après sa condamnation pour fraude fiscale.

Estimant que persistait un "risque de fuite" et relevant que le prévenu avait lui-même reconnu avoir dissimulé des avoirs considérables à l'étranger, la cour a estimé que le maintien en détention de l'élu était "l'unique moyen pour maintenir Patrick Balkany à la disposition de la justice".

Isabelle Balkany: “La justice veut tuer mon époux”

Une décision immédiatement dénoncée par l'épouse et première adjointe du maire, Isabelle Balkany, qui a déclaré au micro de BFMTV: "Je suis à la fois désespérée et folle de rage. Désespérée car clairement j'accuse la justice de vouloir tuer mon époux".

L'avocat du maire avait fait part de son incompréhension à la sortie de l'audience, se disant "très inquiet" pour son client, tout juste de retour à la prison de la Santé après une nouvelle intervention à l'hôpital la semaine dernière. Rappelant que son client avait "perdu 24 kg en quatre mois", Me Romain Dieudonné a indiqué ne pas savoir "à ce stade" si Patrick Balkany serait en mesure d'assister à son procès en appel à partir de lundi prochain.

"Incapable d'être" au procès

"Si l'objectif est qu'il assiste aux audiences du mois de février, il n'y sera pas car il est physiquement incapable d'y être", a tranché Isabelle Balkany, affirmant que son mari était "en danger mortel". Dans son arrêt, la cour d'appel estime qu'"il n'y a pas lieu de craindre que l'état de Patrick Balkany ne soit pas pris en compte" et souligne que l'administration pénitentiaire a été "parfaitement réactive", en faisant hospitaliser M. Balkany quand c'était nécessaire.

En première instance, l'élu a été condamné deux fois: à quatre ans de prison pour fraude fiscale le 13 septembre, et un mois plus tard, à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé. Son épouse a été condamnée à trois ans pour fraude et quatre ans de sursis pour blanchiment.

Fustigeant un ancrage dans une "délinquance fortement rémunératrice", le tribunal correctionnel avait reproché au couple d'avoir fraudé le fisc, estimant à 4 millions d'euros les sommes éludées, et d'avoir dissimulé 13 millions d'euros d'avoirs entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas aux Antilles et à Marrakech. Les condamnations de l'ancien baron des Hauts-de-Seine ont été, à chaque fois, assorties d'un mandat de dépôt, entraînant son incarcération immédiate. Depuis le 12 décembre, il est hospitalisé pratiquement sans discontinuer.

À l'appui de sa troisième demande de libération, son avocat avait produit, en vain, des certificats médicaux attestant d'une "altération de l'état général" de son client et aussi souligné que "Patrick Balkany ne ser(ait) pas candidat aux municipales" de mars: "C'est un élément important dans la mesure où, en première instance, le tribunal l'a condamné à une peine d'inéligibilité (de dix ans)".