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Photo d'illustration. © Getty Images/iStockphoto

Une obscure entreprise américaine aide les forces de police à identifier les visages

Une société américaine possède une base de données de 3 milliards de photos qui ont été mises à la disposition de plus de 600 services de police et entreprises privées depuis l'année dernière, écrit le New York Times. Clearview AI a collecté ces photos sur des millions de sites internet publics, tels que Facebook, Youtube et Twitter. En transmettant une photo à Clearview, on peut obtenir d'autres clichés de la même personne, avec les liens de publication.

L'entreprise indique qu'elle a 600 clients, sans fournir de détails sur leur identité. Sur son site internet, seuls les propos élogieux d'un détective de la brigade des moeurs de la police canadienne sont mentionnés.

Avec 3 milliards de photos, Clearview AI dépasserait de loin les bases de données similaires utilisées pour la reconnaissance faciale. Aux États-Unis, les autorités emploient cette technique pour vérifier l'identité des personnes qui arrivent dans le pays, mais elles utilisent des photos spécialement réalisées à cet effet.

Clearview était une entreprise relativement inconnue jusqu'à l'article du New York Times. Le milliardaire américain Peter Thiel, cofondateur de Paypal, a investi 200.000 dollars dans la société en 2017 mais ne fait pas partie de ses responsables. Ses fondateurs sont Hoan Ton-That, un Australien de 31 ans, et Richard Schwartz, qui a travaillé pour Rudy Giuliani lorsqu'il était maire de New York.

Pour son article, la journaliste du Times Kashmir Hill avait envoyé sa photo à des policiers et leur avait demandé de l'introduire dans la base de données. Clearview avait ensuite appelé ces agents pour vérifier s'ils étaient en contact avec des journalistes. Selon Clearview, le logiciel avait simplement déclenché une alarme en raison de recherches inhabituelles.

Hoan Ton-That a reconnu au Times que sa société avait développé un prototype de lunettes de réalité augmentée à reconnaissance faciale, mais qu'il n'était pas prévu de les commercialiser.