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"Une personnalité radicale, mais un grand sens du devoir"

L'ancien Premier ministre belge Wilfried Martens a salué lundi la mémoire de son ex-homologue britannique, Margaret Thatcher, décédée à l'âge de 87 ans d'une attaque, en la qualifiant de "personnalité radicale" mais dotée d'un "très grand sens du devoir".

"Nous étions toujours assis côte à côte car la Belgique et le Royaume Uni (UK) se trouvaient respectivement au début et à la fin de l'alphabet" utilisé pour déterminer l'ordre de placement des dirigeants lors des sommets européens, a-t-il raconté à l'agence BELGA.

M. Martens, qui a dirigé neuf gouvernements fédéraux, se souvient que Mme Thatcher et lui-même avaient fait ensemble, en 1979, leurs débuts au Conseil européen à Strasbourg. "Et j'ai aussi vécu ses derniers jours comme Premier ministre en novembre 1990 lors du sommet européen de Versailles. Quelques jours plus tard, elle avait démissionné à la demande d'une majorité de son cabinet", a-t-il ajouté.

"Lorsque que je lui ai un jour dit qu'il m'arrivait de regarder la (télévision britannique) BBC le week-end, elle s'est étonnée que j'en aie le temps comme Premier ministre", a poursuivi M. Martens, qui préside actuellement le Parti populaire européen (PPE, conservateur).

Mme Thatcher lui avait aussi téléphoné après la catastrophe du ferry "Herald of Free Enterprise", qui avait chaviré au large du port de Zeebrugge le 6 mars 1987, causant la mort de 193 passagers et membres d'équipage.

M. Martens se souvient surtout de son grand sens du devoir.

"On disait qu'elle estimait de son devoir de sauver son pays après les échecs des gouvernements Labour. Une bonne partie de sa personnalité était liée au fait qu'elle avait gravi les échelons de la société. En tant que femme et fille d'un épicier, elle a atteint la présidence du parti conservateur, qui compte beaucoup d'aristocrates", a-t-il expliqué.

"Son caractère autoritaire s'est encore renforcé, mais je l'ai vue faire des concessions. En 1985, le conseil européen de Milan était consacré au marché unique. Elle y était radicalement opposée, mais elle a finalement marqué son accord. Quelques années plus tard, elle m'a dit que c'était la plus grosse bévue qu'elle ait jamais faite. Et pourtant l'actuel Premier ministre britannique (David) Cameron veut absolument rester membre du marché intérieur" même s'il souhaite une réforme de l'Union européenne, a souligné l'ancien Premier ministre.