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Ursula von der Leyen joue ses dernières cartes avant un vote crucial des eurodéputés

mise a jourUrsula von der Leyen, la candidate du Conseil européen à la présidence de la Commission, a lancé mardi matin à Strasbourg un ultime appel aux eurodéputés afin qu’ils la soutiennent lors du vote sur sa candidature prévu en soirée.

Dès 18h00, les parlementaires prendront part à un scrutin à bulletin secret qui déterminera l’avenir de l’actuelle ministre allemande de la Défense. Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, elle doit obtenir une majorité absolue des suffrages, soit 374 voix.

Pour atteindre ce seuil, la responsable politique a pris dans son discours toute une série d’engagements, parmi lesquels l’élaboration d’un “green deal” pour l’Europe, d’un mécanisme permanent pour garantir l’Etat de droit ou encore d’un nouveau pacte sur la migration. En entamant son intervention - prononcée en français, allemand et anglais -, Mme von der Leyen a rappelé que la première présidente du Parlement européen, Simone Veil, avait été élue il y a exactement 40 ans.

“C’est grâce à elle, et à toutes les autres icones européennes, que je vous présente aujourd’hui ma vision de l’Europe. Et 40 ans plus tard, c’est avec une grande fierté que je peux dire: c’est finalement une femme qui est la candidate à la présidence de la Commission européenne”, a-t-elle lancé.

Nouvelle approche migratoire

Tout au long de son intervention dans l’hémicycle, elle a avancé des propositions pour les cinq prochaines années. Outre son green deal européen et une nouvelle approche de la migration, Mme von der Leyen a entre autres promis la reconnaissance du droit d’initiative du Parlement européen, une convention pour l’avenir de l’Europe, une fiscalité plus juste - impliquant les géants technologiques -, un système de réassurance chômage européen pour aider les pays en crise, ou encore la parité hommes/femmes au collège des commissaires.

Déjà assurée d’un soutien de la plupart des 182 élus du PPE, sa famille politique, la candidate du Conseil européen semble avoir définitivement convaincu les libéraux centristes de Renew Europe (108 députés) de voter en sa faveur. “Notre groupe est prêt à vous soutenir dans la mesure où vous assumez votre indépendance. Les engagements que vous prenez doivent être clairs”, a déclaré le chef du groupe Renew Europe, Dacian Ciolos.

Les socialistes et sociaux-démocrates du S&D (154 parlementaires) n’ont quant à eux pas encore arrêté leur décision, a précisé leur cheffe de groupe, Iratxe Perez. Les délégations belge, allemande et française - qui représentent 24 députés - semblent en effet toujours peu enclines à accorder leur soutien à Mme von der Leyen. Marc Tarabella (PS/S&D) n’a d’ailleurs pas fait mystère de son intention de voter contre, refusant de signer un “chèque en blanc comme le Parlement l’a déjà fait avec Juncker ou Barroso”.

Les Verts/ALE (74 élus) et l’extrême gauche (GUE, 41 élus) ont eux aussi exclu de voter pour la candidate. Si le co-président du groupe vert, le Belge Philippe Lamberts (Ecolo), a reconnu des progrès dans le discours plus “concret” de Mme von der Leyen, il a estimé que celui-ci restait bien “en-deçà des attentes” de sa famille politique.

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Les eurosceptiques semblent plus partagés. Certains membres du groupe Conservateurs et réformistes (CRE, 62 élus) pourraient la soutenir. La N-VA, qui fait partie du CRE, ne devrait apparemment pas accorder sa confiance à la candidate, dont l’intervention a été qualifiée de “décevante” par Johan Van Overtveldt. “Son plaidoyer pour un super-État européen (social, fiscal, écologique) qui dictera également la politique d’asile, ce n’est pas l’Europe que nous voulons”, a déclaré le nationaliste flamand.

Plus tôt dans la journée, son collègue Geert Bourgeois s’était également inquiété d’un nombre trop important à ses yeux de concessions faites par Mme von der Leyen à la famille socialiste européenne. Le groupe d’extrême droite “Identité et Démocratie” (73 membres, dont ceux de la Ligue italienne, du Rassemblement national RN français et de l’Afd allemand) ne votera lui pas en faveur de la candidate.

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