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Jennifer Araoz © NBC

Violée à 14 ans par le milliardaire Epstein, elle témoigne: “J’étais terrifiée”

Soupçonné d’exploitation sexuelle sur plusieurs mineures, le millardaire américain Jeffrey Epstein a été arrêté samedi sur le tarmac de l’aéroport de Teterboro (New Jersey), où son avion venait d’atterrir en provenance de Paris. Depuis lors, plusieurs victimes présumées auraient déjà contacté les autorités. Quant à Jennifer Araoz, elle a livré un témoignage poignant mercredi matin dans le Today Show, la matinale la plus regardée aux Etats-Unis. “Il m’a violée, brutalement violée”, a déclaré cette nouvelle accusatrice dans un entretien diffusé par NBC mercredi.

“J’étais terrifiée et je lui disais d’arrêter (...) Il n’avait aucune intention d’arrêter, c’est ce qu’il voulait, c’est ce qu’il a eu”, a-t-elle poursuivi très émue, après avoir raconté comment elle avait été “recrutée” devant son établissement scolaire à New York par une jeune femme, à l’automne 2001, lorsqu’elle avait 14 ans.

Elle lui promettait une grande carrière au cinéma et disait qu’Epstein était l’homme idéal pour réaliser mon rêve.  “J’avais 14 ans à l’époque. On ne sait rien à cet âge-là”.

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Jennifer Araoz et Jeffrey Epstein © NBC

“Je lui ai dit d’arrêter mais il a continué”

Cette rencontre l’avait menée à se rendre à plusieurs reprises chez M. Epstein qui avait d’abord commencé à la payer pour des massages, qu’elle faisait en sous-vêtements pendant qu’il se masturbait. Elle percevait 300 euros par visite, à raison d’une à deux fois par semaine. “J’avais peur qu’il se mette en colère si je ne faisais pas ce qu’il me demandait”, explique-t-elle encore.

Jusqu’au jour de son viol présumé, en 2002. Epstein lui a demandé de retirer ses sous-vêtements et de venir sur lui. L’adolescente a refusé et il l’a violée. “J’étais terrifiée. Je lui ai dit d’arrêter mais il a continué. Il savait parfaitement ce qu’il était en train de faire”. Elle affirme ne plus jamais être retournée chez lui ensuite. “Je pensais que c’était ma faute et que je n’avais pas d’autre choix”. Jennifer a même changé d’école car son établissement scolaire se trouvait à proximité du domicile d’Epstein. “J’avais peur que cela se reproduise”.

C’est seulement il y a quelques années que la jeune femme a dévoilé à ses proches ce qui s’était passé à l’époque. Elle regrette d’avoir gardé le secret si longtemps. “Il n’aurait peut-être pas eu l’occasion de le faire avec d’autres filles. Je m’en veux”

Un ministre de Trump dans la tourmente

Dans la tourmente, un ministre de Donald Trump a défendu sa gestion, il y a une décennie, du dossier contre le riche financier Jeffrey Epstein, accusé d’abus sexuels sur des mineures, dont une femme qui a livré un témoignage poignant mercredi.

Le ministre américain du Travail Alexander Acosta a donné une longue conférence de presse pour se défendre des accusations d’indulgence lorsqu’il avait offert, en 2008 lorsqu’il était procureur fédéral, un accord en justice jugé comme trop favorable à M. Epstein. Accusé au départ d’abus sexuels sur mineures, ce dernier n’avait finalement été condamné qu’à 13 mois de prison. Or M. Epstein, 66 ans, qui a entretenu de nombreuses puissantes amitiés notamment avec Donald Trump et l’ex-président démocrate Bill Clinton, a de nouveau été accusé lundi d’abus sexuels sur des dizaines de jeunes filles mineures.

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© Photo News
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Jeffrey Epstein © REUTERS

“Un homme nocif”

Il encourt cette fois jusqu’à 45 ans de prison pour ces faits qui remontent à la même époque que les précédentes accusations. “C’est un homme nocif et il faut qu’il se retrouve derrière les barreaux”, a affirmé M. Acosta devant la presse. “Ses actes méritaient tout à fait une peine plus dure”, a-t-il reconnu.

Le ministre a affirmé qu’en 2008 - lorsqu’il était procureur fédéral en Floride - son équipe avait opté pour cet accord car elle craignait de le voir sortir libre s’ils poussaient jusqu’au procès en maintenant les chefs d’inculpation plus graves. M. Epstein avait finalement plaidé coupable d’avoir fait appel à des prostituées mineures. “Notre but était clair”, a déclaré M. Acosta: “Mettre Epstein en prison, nous assurer qu’il soit inscrit sur la liste des délinquants sexuels, donner aux victimes les moyens de demander réparations”.

M. Acosta a affirmé se sentir soutenu par Donald Trump mais à souligné que le président américain avait tout pouvoir pour choisir son cabinet - et donc éventuellement le limoger. 

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Alex Acosta © AFP
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